Burundi : scandale à la CNIDH, une haute responsable éclaboussée par une affaire de disparition
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 16 juin 2026 – La Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH) est au centre d’une nouvelle polémique. Des cadres de l’institution demandent l’annulation du voyage prévu à Genève, du 20 juin au 1er juillet 2026, de la secrétaire générale, Mme Chantal Bakamiriza, qu’ils associent à une enquête en cours sur une affaire de disparition.
Dans une correspondance datée du 12 juin 2026 et adressée au président de la CNIDH, Mgr Blaise Nyaboho, cinq cadres signataires, Didace Sunzu, Ornella Mugisha, Félix Muhimpundu, Félicité Rukundo et Philbert Manirakiza, appellent à suspendre cette mission officielle.
Selon eux, la secrétaire générale serait impliquée dans le dossier lié à la disparition, le 25 février 2026, d’une employée de la CNIDH, Chadia Mukaremera. Ils affirment que Chantal Bakamiriza aurait été la dernière personne à avoir été en contact avec la victime avant sa disparition, alors que celle-ci se rendait à son lieu de travail.
Les signataires estiment que la procédure judiciaire en cours exige la prudence. Ils craignent qu’un déplacement à l’étranger puisse compliquer le suivi de l’enquête et nuire à la manifestation de la vérité.
Ils rappellent également que la secrétaire générale figure parmi les personnes déjà entendues par les enquêteurs, sur une liste de six personnes interrogées dans ce dossier.
Dans leur courrier, les cadres de la CNIDH soulignent qu’il ne s’agit pas de leur première démarche. Une précédente demande similaire avait déjà été adressée en mars 2026, sans suite favorable.
Ils demandent ainsi au président de la CNIDH de surseoir au voyage prévu à Genève, estimant que cette décision permettrait de préserver l’image de l’institution et de garantir un climat favorable à la poursuite de l’enquête.
Une institution déjà fragilisée par des tensions internes
Cette nouvelle controverse intervient dans un contexte de fortes tensions au sein de la CNIDH. L’institution a récemment été marquée par des crises internes et des remous liés à sa gouvernance.
Elle reste notamment affectée par le départ de son ancien président, Dr Sixte Vigny Nimuraba, survenu en avril 2025 dans un climat de tensions internes et de soupçons de malversations. Selon plusieurs sources, il a quitté le pays dans des circonstances contestées et se trouve depuis en Suisse.
Ces événements ont conduit à une recomposition de la direction de la CNIDH, aujourd’hui dirigée par Mgr Blaise Nyaboho, dans un environnement institutionnel toujours marqué par des divergences internes.
Une affaire qui fragilise l’image de la CNIDH
L’affaire de disparition de Chadia Mukaremera continue de susciter de nombreuses interrogations au sein de l’institution. Les cadres signataires estiment que les éléments connus à ce stade justifient la suspension de toute mission internationale impliquant des personnes citées dans le dossier.
👉 Lire le contexte de l’affaire : Burundi : une employée de la CNIDH portée disparue depuis près de deux semaines
Une réaction attendue
Au moment de la publication de cet article, la direction de la CNIDH n’avait pas encore réagi à ces accusations.
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Photo : Photomontage de Chadia Mukaremera, employée de la CNIDH portée disparue depuis le 25 février 2026, et de Chantal Bakamiriza, secrétaire générale de l’institution, diffusé par le Forum pour la conscience et le développement (FOCODE), une organisation burundaise de défense des droits humains, dans le cadre de son suivi de cette affaire © FOCODE
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