Burundi : une employée de la CNIDH portée disparue depuis près de deux semaines

Burundi : une employée de la CNIDH portée disparue depuis près de deux semaines

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 10 mars 2026 — Une employée de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH) est portée disparue depuis le 25 février 2026 à Bujumbura. Il s’agit de Chadia Mukaremera, dont la disparition demeure entourée de nombreuses zones d’ombre.

Selon le vice-président de la CNIDH, Gérard Rugemintwaza, Chadia Mukaremera a quitté son domicile, situé au quartier Nyakabiga, 13ᵉ avenue numéro 22, dans la matinée du 25 février pour se rendre à son lieu de travail.

Arrivée vers 7 heures sur l’avenue Muyinga, non loin du siège de la CNIDH, situé dans la capitale économique Bujumbura, elle aurait reçu un appel téléphonique d’un collègue. Au cours de cet échange, elle aurait indiqué se rendre au service. Depuis ce moment, son téléphone est resté éteint et elle ne s’est jamais présentée à son poste.

Lors d’une conférence de presse organisée le 8 mars 2026 à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le vice-président de la commission a affirmé que l’institution n’a ménagé aucun effort pour tenter de la retrouver.
« Nous regrettons de ne pas être avec elle aujourd’hui. Les circonstances de sa disparition ne sont pas connues », a déclaré Gérard Rugemintwaza. Il a précisé que des recherches ont été menées à son domicile ainsi que dans plusieurs lieux susceptibles de la détenir, mais sans résultat.

Selon lui, la CNIDH ne dispose d’aucune preuve permettant d’affirmer que Chadia Mukaremera aurait été arrêtée par la police, enlevée par des individus ou retenue contre son gré. Toutefois, il assure que des enquêtes préliminaires se poursuivent afin d’éclaircir cette affaire.

La commission appelle toute personne disposant d’informations susceptibles d’aider à retrouver Chadia Mukaremera à coopérer avec l’institution. Elle invite également la disparue, si elle le peut, à donner un signe de vie.

Cette disparition relance les inquiétudes autour des cas de personnes portées disparues au Burundi. Pour certains observateurs, le fait qu’une employée d’une institution étatique chargée de la protection des droits humains soit elle-même introuvable illustre la persistance du phénomène de disparitions forcées et d’enlèvements dans le pays.

Une inquiétude renforcée par le bilan de la Ligue Iteka

La Ligue Iteka, pionnière de la défense des droits humains au Burundi et aujourd’hui contrainte de travailler depuis l’exil, documentait plus de 400 personnes tuées au pays en 2025 dans un contexte de violations massives des droits humains, incluant 55 personnes enlevées ou portées disparues. Elle pointait du doigt les Imbonerakure, la ligue des jeunes du CNDD-FDD, ainsi que des membres des forces de sécurité et du Service national des renseignements (SNR) comme principaux auteurs présumés.

L’organisation relevait également la persistance du phénomène de découverte de corps sans vie, avec 233 cadavres retrouvés en 2025, témoignant de la gravité et de l’impunité persistante dans plusieurs régions du pays. La disparition de Chadia Mukaremera s’inscrit ainsi dans un contexte général préoccupant pour la sécurité et les droits humains au Burundi.

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Photo : Chadia Mukaremera, employée de la CNIDH portée disparue depuis le 25 février 2026. ©DR/SOS Médias Burundi

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