Bujumbura : grève des employés du CNTS
Les employés du Centre national de transfusion sanguine CNTS réunis au sein du syndicat SYNAPA ont entamé un mouvement de grève indéterminé ce lundi.Ils réclament leurs salaires impayés des mois de mai et juin ainsi que les régularisations des annales. Le syndicat SYNAPA (Syndicat National du personnel Paramédical et Aide-Soignant) auquel ils sont affiliés demande au ministère de la Santé de les rétablir dans leurs droits. (SOS Médias Burundi)
Ces salariés du CNTS en grève disent n’avoir constaté aucune volonté de la part du gouvernement de débloquer leurs deux mois de salaires impayés. Ils indiquent avoir sorti un préavis de grève à la fin du mois de juin.
Donatien Nzosaba, représentant du personnel du CNTS signale avoir même prolongé le préavis pour négocier mais il n’y a pas eu de réponse.
Dans un point de presse de ce lundi, M.Nzosaba a précisé qu’ »il leur est difficile de faire vivre leurs familles suite aux dettes qu’ils ont envers les propriétaires de maisons qu’ils louent et les boutiques, surtout que la plupart des familles vivent dans une précarité sans nom ».
« Nous avons trop patienté. Mais aujourd’hui nous sommes fâchés. Cela va faire trois mois que nous ne percevons pas notre salaire », déplore-t-il.
Et d’ajouter : « Nous avons décidé d’entamer le mouvement de grève parce qu’il n’y a pas de progrès palpable. Nous avons donné un temps suffisant à l’employeur pour que la question soit vidée , en vain ».
Il se lamente que « nous avons déposé un préavis de grève, l’avons même prolongé deux fois mais sans obtenir une réponse satisfaisante ». Ces membres du SYNAPA demandent les salaires de deux mois- mai et juin, mais également les annales qui datent de juillet 2023 à avril 2024. Ils évoquent le décret présidentiel de mars 2024 et l’ordonnance de mai 2024 du ministre des finances qui recommandent à tous les ministères de mettre en application ce décret selon toujours le représentant syndical.
Les grévistes regrettent que la Banque centrale ne puisse continuer les opérations bancaires d’autant plus que les services des finances n’ont pas encore validé les payements des salaires et régularisations des annales.
« Le dossier n’a pas encore été transmis à la BRB*. Nous constatons que réellement il n’y a pas un pas qui a été franchi dans le traitement de ce dossier », conclut le représentant syndical.
Il appelle tous les ministères concernés à se mettre ensemble pour vider la question dans l’urgence affirmant que « nous ne comptons pas regagner le service s’il n’y a pas d’issue favorable à nos revendications ». La direction générale du CNTS fait savoir qu’elle fait de son mieux pour que son personnel soit traité convenablement et espère que bientôt la Banque centrale va débloquer la situation.
Vu le rôle que joue le Centre national de transfusion sanguine, l’inquiétude est grande au sein de la population bénéficiaire de ses services. Si la situation persiste, elle pourra affecter les patients en besoin de sang car les réserves risquent de s’épuiser.
Nous avons tenté de contacter la ministre de la Santé à ce sujet, sans succès.
BRB *: Banque de la République du Burundi
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Photo : un salarié du CNTS en train de prélever du sang destiné à des structures sanitaires au Burundi lors d’une campagne de don de sang ©SOS Médias Burundi
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