Le Burundi a commémoré le 59ème anniversaire de l’assassinat du héros de l’indépendance


Ce mardi, les Burundais ont commémoré le 59ème anniversaire de l’assassinat du prince Louis Rwagasore, héros de l’indépendance. Le président de la conférence des évêques catholiques du Burundi a appelé les Burundais à être « libres », estimant qu’un peuple sans liberté ne peut pas avoir une paix durable. (SOS Médias Burundi)

Les cérémonies ont été organisées dans toutes les provinces et villes du pays. Dans la capitale économique Bujumbura, l’invité de marque était Évariste Ndayishimiye, le chef de l’État.

Avant de déposer une gerbe de fleurs au mausolée du Prince, le président de la République a d’abord participé dans une messe qui s’est déroulée à la paroisse Saint Michel (centre de la ville). Dans son homélie, Monseigneur Gervais Banshimiyubusa, président de la conférence des évêques catholiques du Burundi a loué un prince dont l’esprit était guidé par la liberté.

« Rwagasore n’a pas voulu se comporter comme d’autres princes. Il a refusé de vivre dans la dignité d’un fils d’un roi. Il a toujours été caractérisé par la liberté. On pourrait donner plusieurs exemples que vous connaissez d’ailleurs. Mais je vais insister sur un seul exemple: imaginez-vous à son époque, un fils d’un roi qui a osé se marier avec une femme qui n’est pas de son ethnie ou aller chercher une épouse en dehors des familles de sang royal. Rwagasore l’a fait, dans la liberté et étant conscient. Il avait compris que le courage et l’unité ne se chantent pas seulement en paroles et il l’a démontré dans un signe très fort de s’unir avec une femme avec qui il ne partageait pas l’ethnie », a dit Monseigneur Banshimiyubusa.

Et de déplorer « en regardant ce qui se passe dans nos pays et sociétés, ce qui nous hante c’est le manque de personnes libres, pouvant faire le bien et l’assumer, de dire la vérité afin de sauver. Ces gens sont devenus une denrée très rare. La plupart d’entre nous cherchons à glisser avec le terrain. Un pays qui n’a pas des gens libres et courageux ne peut atteindre aucun objectif, ses citoyens ne peuvent en aucun cas avoir la vraie paix car il n’y a pas de paix pour les esclaves », a-t-il continué.

Rappelons que la vérité sur l’assassinat du héros de l’indépendance du Burundi reste toujours entourée de zones d’ombre. Ses compagnons ont toujours dénoncé le « rôle » de l’ancienne puissance coloniale, ce que la Belgique nie.

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Photo : Monument de Rwagasore à la place de l’indépendance, ville de Bujumbura