Burundi : une militante des droits de la femme détenue par les renseignements

Burundi : une militante des droits de la femme détenue par les renseignements

Béatrice Nyamoya a été appréhendée samedi dernier à l’aéroport international de Bujumbura (capitale économique). Elle est depuis détenue dans un cachot du SNR (Service national de renseignements) dans la ville commerciale. Aucun motif de son arrestation n’a été communiqué jusqu’à présent. La commission nationale indépendante des droits de l’homme dit être au courant de l’affaire. (SOS Médias Burundi)

Madame Nyamoya a été interpellée par des policiers aux environs de 17h, après son arrivée au seul aéroport international dont dispose le Burundi. Elle venait de passer un mois en voyage hors du pays.

Selon des sources aéroportuaires, elle n’a pas pu avoir même le temps de saluer des membres de sa famille, amis et connaissances qui s’étaient déplacés pour l’accueillir.

« Des agents de renseignements sont arrivés quelques minutes avant l’arrivée de l’avion dans lequel se trouvait Madame Nyamoya. Avant même que les passagers aient terminé les formalités exigées pour sortir, on a remarqué un mouvement inhabituel de policiers, mais on ne savait rien sur ce qui allait se passer. Leurs responsables étaient habillés en civil », se sont confiés à SOS Médias Burundi des salariés de l’aéroport.

Selon des témoins, Béatrice Nyamoya est apparue à la sortie entourée des agents du SNR qui l’ont immédiatement embarquée dans leur véhicule. « Ils l’ont d’abord conduite à son domicile en zone de Rohero (centre de la ville de Bujumbura) où ils ont fouillé sa résidence. Ils y ont saisi un ordinateur portable et quelques autres effets avant de l’emmener avec eux », confient ses proches.

Des sources concordantes confirment sa détention au service national de renseignements. Mais rien ne filtre sur les mobiles de son arrestation. Dans une interview accordée à nos confrères de la radio Isanganiro,le président de la CNIDH (Commission nationale indépendante des droits de l’homme) a confirmé être au courant de l’affaire. « C’est dans le cadre d’une enquête qu’elle a été interpellée », a dit Sixte Vigny Nimuraba.

Retraitée de l’inspection générale de l’Etat depuis deux ans, cette militante des droits de la femme ,ancienne présidente de l’association des femmes juristes du Burundi est sœur de François Nyamoya, secrétaire général du parti MSD (Mouvement pour la solidarité et le développement) contre qui le parquet général de la République a sorti récemment un mandat d’arrêt international l’accusant sans preuve d’être parmi les commanditaires des attaques « terroristes » perpétrées dans la petite nation de l’Afrique de l’est entre avril et septembre 2021.
Il n’est encore établi ou clair si elle a été visée à cause de son frère.

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Photo : Béatrice Nyamoya /DR

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