Burundi – RDC : 15 ans après les massacres de Gatumba, la communauté des banyamulenge dénonce la passiveté de la communauté internationale


La communauté des Banyamulenge vivant au Burundi et celle de la diaspora ont commémoré ce mardi les massacres de plus de 160 Banyamulenge tués le 13 août 2004 à Gatumba, à une vingtaine de kilomètres de la capitale économique Bujumbura et à une dizaine de kilomètres de la frontière burundo-congolaise de Kavimvira (ouest du pays)

Des congolais de la communauté Banyamulenge se sont rencontrés au site mémorial de Gatumba (commune de Mutimbuzi, province de Bujumbura, ouest du pays) pour commémorer les massacres des leurs. Dans la nuit du 13 au 14 août 2004, 166 congolais banyamulenge ont péri dans une attaque menée dans leur camp de transit.

A l’époque, Pasteur Habimana qui fût porte-parole du mouvement rebelle Front National de Libération (FNL) avait assumé que cette attaque avait été menée par son mouvement avant de changer sa version des faits.

Selon l’organisation Human Rights Watch, les hommes des FNL, un mouvement rebelle burundais composé essentiellement de Hutus, les ont abattus et brûlés vifs, alors qu’ils ont épargné les réfugiés appartenant à d’autres ethnies et les Burundais vivant dans une autre partie du camp.

Quinze ans après, les rescapés réclament toujours justice. ‘’Nous déplorons plutôt que des organisations comme l’Union Européenne croisent les bras face à un crime pareil», s’est désolé un des rescapés qui ajoute que seule la volonté manque pour que la vérité éclate au grand jour.
La communauté Banyamulenge ne se réserve pas à qualifier ces massacres de «génocide».

«Ils ont tués les nôtres à cause de leur identité, rien que ça», ont entonné dans leurs chants certains des membres de cette communauté en réclamant qu’Aghaton Rwasa et Pasteur Habimana, anciens leaders du groupe rebel des FNL soient entendus par la justice ainsi que les leaders du groupe rebelle des Mai-Mai.

Dans les cérémonies de ce mardi 13 août 2019, les gouvernements burundais et congolais n’étaient pas représentés, tout comme le HCR.

«De même que l’attaque a été exploitée par divers groupes armés et par diverses personnalités en quête de pouvoir en RD Congo et au Burundi pour faire avancer leurs objectifs politiques, la justice dans cette affaire semble avoir été politisée», estime Human Rights Watch dans son communiqué.