Matana (Bururi, Sud du pays) : Le président du sénat se vante d’avoir mis à prix la tête d’un citoyen

Matana (Bururi, Sud du pays) : Le président du sénat se vante d’avoir mis à prix la tête d’un citoyen

Dans un enregistrement audio, Révérien Ndikuriyo avoue  avoir promis un chèque de cinq millions de francs Burundais (5.000.000 frs Bu) en guise de payement à toute personne qui lui livrerait un certain Pascal Ninganza, connu sous le sobriquet de Kaburimbo, vivant ou mort. C’est un citoyen de la colline Rubanga en commune de  Matana dans la province de Bururi (sud du pays). (SOS Médias Burundi)

Pascal Ninganza était accusé en 2016 d’entrainer des rebelles dans une maison qui servait de centre de santé sur la colline Rubanga, en zone de Matana. Àl’époque, le concerné était un militaire en fonction.

Une récompense de cinq millions de francs burundais a été promise par le président du sénat burundais à quiconque le livrerait vivant ou mort. Révérien Ndikuriyo l’a révélé le 11 Septembre 2019 dans une réunion avec des habitants de la commune de  Marangara dans la  province de Ngozi ( nord du pays).

« Nous remercions beaucoup les gens de Bururi, quand je m’y suis rendu pour la première fois, il y avait un certain Kaburimbo qui semait la terreur. Il avait une maison dans laquelle il formait des rebelles.  J’ai alors promis cinq millions à toute personne qui le livrerait vivant ou mort. Il faut comprendre qu’une seule personne ne peut pas se permettre de perturber la sécurité d’une population de toute une commune. Elle doit être éliminée », a-t-il dit devant un public qui riait à gorge déployée.

Et d’ajouter, « Ce qui reste après l’avoir éliminée, c’est demander à Dieu s’il s’agit d’un péché quand on protège ses brebis. Pour des questions de sécurité nationale, il faut être prêt à tout », a-t-il poursuivi.

SOS Médias Burundi est allé à la recherche de l’homme dont la tête avait été mise à prix.

D’après des habitants du centre de Matana, le nommé Kaburimbo aurait échappé bel et bien à l’assaut des forces de l’ordre et serait en exil ainsi que sa famille.  Son vrai Nom c’est Pascal Ninganza. Sa maison située sur la colline Rubanga abritait un centre de santé appartenant à un certain feu Abdoulaziz qui vivait à Rumonge (sud-ouest du pays). 

Il avait cédé la gestion de ce centre de santé à son fils Saidi, un ancien capitaine de l’armée burundaise.

Informé qu’il y aurait des rebelles dans le centre de santé, des forces de l’ordre avaient mené une opération de fouille. Rien n’y a été retrouvé. 

D’après nos sources, M.Ninganza était au centre de Matana le jour de l’opération.  Après avoir appris qu’il était recherché, il aurait pris fuite et vit aujourd’hui en cachette.

Saidi s’est également échappé de la maison qui servait de centre de santé. Mais il sera tué plus tard  en commune de Rutegama sur la route Muramvya-Gitega (centre du pays).

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