De graves violations des droits humains se poursuivent selon l’Initiative pour les droits humains au Burundi (IDHB)


Hubert Bizimana, un homme d'affaires d'origine burundaise est tombé hier dans une embuscade dans la localité de Minembwe, dans la province du Sud-Kivu

Dans son premier rapport d’enquête  L’IDHB dit qu’elle cherche à révéler les causes des violations des droits humains, en vue d’établir une base de données précises et fiables qui aidera à rendre justice aux Burundais et à trouver une solution à la crise des droits humains en cours.  L’organisation indique que ses enquêtes portent sur les violations des droits humains commises par le gouvernement burundais, ainsi que sur les abus perpétrés par des groupes d’opposition armés. (SOS Médias Burundi)

Ce rapport met en lumière les récentes violations des droits humains. Il décrit des attaques persistantes contre des membres du principal parti d’opposition Congrès National pour la Liberté (CNL), en se concentrant sur certains des cas dans lesquels des membres du CNL ont été battus à mort par des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure. Il révèle également des enterrements secrets de victimes de meurtres non identifiées dans certaines provinces.

Selon l’organisation, Les tendances ont changé depuis le début de la crise politique et des droits humains au Burundi en 2015. De graves violations des droits humains se sont poursuivies en 2019, mais ont souvent été cachées et rapidement dissimulées, rendant difficile l’établissement des circonstances dans lesquelles elles se sont produites. «Une surveillance intense a semé la peur parmi la population, ce qui rend presque impossible de mener des enquêtes approfondies au Burundi sans mettre en danger les témoins. Il en résulte une impunité bien établie pour les auteurs de violations, ainsi qu’une désillusion et un désespoir pour les victimes et leurs familles».

Début 2020, l’IDHB souligne que les tueries flagrantes et la torture systématique au Burundi sont moins courantes qu’il y a trois ou quatre ans, mais que la répression s’est intensifiée. Pour elle, le CNDD-FDD, l’ancien groupe rebelle armé devenu parti politique qui gouverne le Burundi depuis plus de 14 ans  a resserré son emprise sur le pays et la liberté d’expression a été étouffée.

L’IDHB exhorte le gouvernement burundais et le parti au pouvoir, ainsi que le CNL, à empêcher une escalade des violations des droits humains et à désamorcer les tensions politiques dans la période préélectorale. «Les gouvernements étrangers et d’autres acteurs internationaux ont une fenêtre d’opportunité étroite pour intensifier leur engagement avec le gouvernement burundais, afin d’empêcher que la crise des droits ne se perpétue», conclut l’organisation.