Une ONG internationale demande à l’ONU de rapatrier les troupes burundaises en mission de maintien de la paix en Centrafrique, accusées de viol


L’ONG AIDS-Free World vient de sortir un rapport à partir de sa campagne Code Bleu dans laquelle elle demande au Secrétaire Général des Nations Unies, Antonio Guterres, de rapatrier les soldats burundais de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), accusés d' »exploitation sexuelle et d’abus contre les femmes et filles qu’ils étaient censés protéger ». ( SOS Médias Burundi)

Dans ce rapport de 16 pages, AIDS-Free World dit que sa demande de rapatriement du contingent burundais de la MINUSCA a été formulée depuis mars 2019. « Des centaines de soldats burundais déployés en Centrafrique sont caractérisés par l’exploitation sexuelle des femmes et filles qu’ils devaient protéger », souligne ce rapport.

Selon ce rapport, il fallait s’attendre à ces crimes parce que de tels crimes se commettent au Burundi. « De graves violations des droits humains ont été tellement perpétrées au Burundi que la Cour Pénale Internationale a ouvert une investigation, en citant une base raisonable faisant croire que le crime de viol reconnu comme crime de guerre et contre l’humanité a été perpétré par les forces de sécurité contre les femmes et les filles », indique le rapport.

D’après cette ONG, les Nations Unies paient annuellement 13 millions de dollars américains au Burundi pour ses soldats de la MINUSCA. « Ce montant en retour finance les campagnes terroristes du gouvernement, y compris le viol, au Burundi et en Centrafrique. Cette question est inévitable : pourquoi l’ONU finance la violence sexuelle contre les femmes et les filles? », s’interroge AIDS-Free World.

Depuis le début de la crise déclenchée par un autre mandat controversé du président Pierre Nkurunziza en 2015,plusieurs organisations ont exigé le rapatriement des troupes burundaises en Somalie au sein de la mission africaine Amisom et en Centrafrique.
Elles disent que l’argent dépensé pour les payer finance un régime « autoritaire qui bafoue les droits humains » et dont l’armée et la police ont participé dans « les massacres contre des opposants ».
Le gouvernement burundais de son côté a toujours dénoncé une « politique impérialiste » menée par des étrangers qui ont échoué « un changement de régime » dans le but de « ternir l’image du Burundi et de ses autorités ».

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Photo d’illustration tirée du site centrafrique-presse.info