Des femmes du camp de réfugiés de Nakivale en Ouganda accouchent dans des conditions dangereuses


Les femmes qui accouchent sont obligées de se payer le kit d’accouchement quand elles arrivent à l’hôpital. Par manque de moyens, plusieurs d’entre elles ne se rendent pas à la maternité, elles préfèrent accoucher à la maison, ce qui rend important le nombre de mort-nés dans ce camp. (SOS Médias Burundi)

Depuis le mois de janvier de cette année, les centres de santé installés à l’intérieur du camp de réfugiés de Nakivale en Ouganda accusent un manque criant de médicaments. Cette situation affecte plus les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes.

“Quand il arrive le moment d’accouchement, ces femmes sont obligées de se munir du kit nécessaire. Il s’agit de seringues, de bistouris, de pansements, de gants et autre matériel d’accouchement. Une longue liste du kit est donnée à ces femmes avant le jour de se présenter au poste de santé », explique un volontaire médical burundais à Nakivale.

Par manque de moyens financiers, certaines femmes choisissent d’ accoucher à la maison.

“Nous n’avons pas d’autres choix. Nous sommes conscients qu’ accoucher à la maison est très mauvais mais nous sommes démunis et ne pouvons pas avoir de l’argent pour s’acheter tout ce matériel médical. Nous faisons recours aux sages femmes qui nous aident beaucoup”, a indiqué un réfugié burundais, père de trois enfants.

Cette situation n’est pas sans conséquences.

“Des fois il y a plusieurs complications, raison pour laquelle on enregistre beaucoup de mort-nés à Nakivale. Des mères attrapent souvent des maladies opportunistes suite à ces mauvaises conditions », regrettent des Burundais de Nakivale.

Parmi les causes des cas des morts-nés, il y a également l’incompétence et la négligence de certains individus parmi le personnel soignant.

“J’ai moi même assisté à la mort de trois femmes avec leurs nouveau-nés pendant qu’elles accouchaient. C’est par négligence des infirmiers. Nous demandons au HCR de prendre la question en main et de faire un suivi régulier dans les structures sanitaires ici à Nakivale”, a témoigné à SOS Médias Burundi une jeune mère.

Installé sur une superficie de plus de 180 km carré, le camp de Nakivale compte pour le moment plus de 105.000 réfugiés de plus de cinq nationalités.
Tout ce monde doit se faire soigner dans quatre centres de santé (Heath Centers) gérés par le HCR. Avec un tel effectif, ces structures sanitaires sont insuffisantes, selon les réfugiés.