Nkurunziza a été enterré dans la capitale politique Gitega


Les cérémonies funéraires de feu président Pierre Nkurunziza ont débuté vers 8h à l’hôpital du cinquantenaire dans la province de Karusi (centre-est) où il est décédé le 8 juin courant. Seules les hautes autorités du pays ont été autorisées à se rendre à l’hôpital de Karusi. Plusieurs délégations des pays africains étaient sur place. L’homme qui a dirigé le Burundi pendant 15 ans a été enterré dans la capitale politique Gitega. (SOS Médias Burundi)

Les cérémonies ont été marquées par les honneurs militaires de la compagnie d’honneur et des hauts gradés de l’armée burundaise.

Le président Évariste Ndayishimiye a pris la parole en premier. Il a déploré le départ de « son principal conseiller ».

« Personne n’est éternel. Dieu ne donne pas mais prête. Il a repris ce qui lui appartient. Heureusement qu’il part après avoir accompli sa mission. Le monde entier a été abasourdi par son départ », a glissé le président Evariste Ndayishimiye, avant de dire que Nkurunziza était humble. « Il chantait, dansait pour Dieu. Il cultivait, transportait des pierres, participait dans les travaux communautaires. Si Dieu nous avait fait le choix, ce n’est pas lui qu’on allait sacrifier.

Président Evariste Ndayishimiye aux funérailles de son prédécesseur


On ne te trahira jamais comme tu n’as pas trahi le roi Ntare Rushatsi, le prince Louis Rwagasore, le président Melchior Ndadaye et d’autres. Je perd un conseiller inégalable. Nous allons pérenniser l’héritage de toujours mettre Dieu en avant. Va notre ami. Tu me laisses un grand fardeau pour développer le pays », a insisté le chef de l’État qui a aussi promis de poursuivre la politique d’animation de séances de moralisation entreprise par son prédécesseur.

Le président Ndayishimiye a annoncé qu’il y aura des infrastructures dédiées à Pierre Nkurunziza en sa mémoire. « La salle du conseil des ministres lui sera dédiée. Nous allons aussi construire un grand bâtiment en son honneur. Nous demandons à toute personne qui passera devant sa tombe qu’elle soit à pied ou non, de s’incliner », a martelé M.Ndayishimiye.

Denise Nkurunziza reconfortée

Elle s’est adressée aux invités en qualité évangéliste que d’ancienne première dame.

Denise Bucumi, ancienne première dame entourée de ses enfants, a dit qu’elle est réconfortée d’enterrer dignement son mari.

« Le Seigneur a été avec nous dans les moments les plus durs. C’était dur de le perdre en un si peu de temps. Quand Dieu ordonne, personne ne le contredit. Chaque chose a son temps. On a remercié le Seigneur et il nous a donné le courage. Il est mort dans la dignité. Il y a d’autres présidents qui ont connu une mort atroce. Ne pleurons pas pour lui mais pour nous qui restons. Prions pour notre fin. Je viens d’avoir la chance de l’enterrer. Ceux qui n’ont pas enterré les leurs savent comment c’est dur », a-t-elle dit.

Délégations étrangères

Les pays étrangers qui se sont faits représenter sont la Tanzanie, la Guinée Équatoriale, le Congo Brazzaville, le Kenya et la Zambie.

Le premier ministre tanzanien Kassim Majaliwa qui a parlé au nom de toutes les délégations a promis que son pays va continuer à soutenir le Burundi dans sa demande d’adhésion dans la communauté de développement des pays d’Afrique Australe (SADEC), comme les présidents Magufuli et Nkurunziza s’étaient convenus.

Evariste Ndayishimiye rendant hommages à Pierre Nkurunziza

Comme pour le jour de l’investiture du nouveau président de la République, l’église catholique a prié pour que les nouvelles autorités se préoccupent du rapatriement des réfugiés.

La mère de feu Pierre Nkurunziza n’a pas participé dans ces cérémonies. Elle s’est faite représenter par des membres de sa famille pour le dépôt des gerbes de fleurs à la tombe. Elle a été atteinte par le coronavirus avant le décès de son fils, selon nos sources.