Kirundo: des opposants privés du droit de circuler librement
Des membres du CNL, la principale formation politique d’opposition au Burundi doivent disposer d’un document signé par des autorités administratives pour pouvoir quitter la province de Kirundo (nord du Burundi). Cela concerne les communes de Busoni et Bugabira. Selon des sources locales, la mesure a été prise pour les empêcher de rejoindre des groupes armés. La décision est décriée par les intéressés. (SOS Médias Burundi)
Selon nos sources,ce sont des administratifs à la base qui se chargent du contrôle et de délivrer des laissez-passer aux opposants qui désirent se rendre en dehors de Kirundo.
« Nous avons reçu l’ordre de ne plus circuler en dehors de notre province. On nous a dit qu’il faut préalablement demander un laisser passer chez les administratifs à la base. Mais, ils ne les délivrent pas. C’est même impossible d’en avoir quand on n’est pas proche du parti CNDD-FDD. C’est une façon de nous priver le droit à la liberté de circuler sur son territoire », a déploré un habitant de Busoni.
Des commerçants non membres du parti au pouvoir dénoncent une mesure « injuste et autoritaire ».
« Je tiens un petit commerce, on m’a empêché de me rendre à Ngozi pour m’approvisionner en pièces de rechange pour motos. Ils m’ont dit qu’ils me soupçonnent d’être le point focal d’un groupe armé. Mais c’est faux. Je ne suis qu’un citoyen simple qui essaie de gagner sa vie honnêtement et tout le monde le sait. Seulement, je suis membre du CNL et suis convaincu que je suis victime de mon appartenance politique », se désole un membre du CNL en commune de Bugabira.
Même des malades ne sont pas épargnés par la mesure.
« Je devrais subir une intervention chirurgicale à l’hôpital Prince Régent Charles (capitale économique Bujumbura). Toutefois, on m’a refusé de sortir de la commune bien que j’ai tous les papiers qui le prouvent dont un rendez-vous avec les médecins. On nous dit que les membres du CNL doivent être surveillés de près car ils s’apprêtent à rejoindre la rébellion. Maintenant on me dit de chercher un laisser passer pour quitter la province mais ça prend du temps. J’ai introduit une demande, ça fait trois semaines que je n’ai pas eu de réponse », témoigne un homme qui devrait être opéré l’appendicite.
En plus des autorités administratives locales, les représentants des jeunes Imbonerakure et le responsable provincial du service national de renseignements doivent également marquer leur accord pour autoriser chaque sortie de province, selon des sources locales.
Le gouverneur de Kirundo n’a pas voulu s’exprimer sur l’affaire.
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Photo: au chef-lieu de la commune Busoni
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