Burundi: un magistrat poursuivi pour s’être assis dans un fauteuil de feu président Nkurunziza crie à l’injustice
Égide Nahayo, ancien président du Tribunal de Grande Instance de Rumonge (sud-ouest du Burundi) et ex magistrat de la Cour d’Appel de Bujumbura (capitale économique) a de nouveau comparu devant les magistrats de la Cour Suprême ce vendredi. La défense a soulevé un vice de procédure qui, selon elle empêche de traiter le fond du dossier: le magistrat a bénéficié d’une liberté provisoire depuis juillet dernier mais il reste en prison. (SOS Médias Burundi)
Le dossier du magistrat Égide Nahayo avait été fixé ce vendredi pour qu’il puisse se défendre devant le siège, a précisé à SOS Médias Burundi un proche de sa famille.
La défense a préféré ne pas aborder le fond du dossier, invoquant un vice de forme. « Le juge a accordé la liberté provisoire à notre client le 13 juillet de cette année. Nous ne pouvons pas aborder le fond du dossier avant qu’il soit libéré. Il doit comparaître en étant libre », a expliqué Maître Bonaparte Niyubahwe, un des avocats qui assiste M. Nahayo qui dit par ailleurs ne pas comprendre comment le juge est vite revenu sur la décision de libération. « Mon client avait été libéré après avoir versé la caution exigée. Mais quelques temps après, il a ordonné qu’il soit de nouveau arrêté », s’est-il plaint.
Dès sa présentation devant le juge ce vendredi, Égide Nahayo avait d’abord sollicité une audience chez un procureur en charge de son dossier. Il lui a plutôt demandé de formaliser sa demande par une lettre.
Devant le juge, l’intéressé a indiqué au siège qu’il ne peut en aucun cas se défendre pour des accusations « fausses ». Pour lui, les faits lui reprochés ne constituent pas un fait infractionnel.
Il est poursuivi pour deux infractions à savoir l’usurpation de fonction ainsi que l’outrage envers le Chef de l’État.
Il a été interpellé en janvier 2019. Il avait posé dans un fauteuil de feu président Pierre Nkurunziza après une réunion du conseil supérieur de la magistrature
Selon un membre de sa famille, le magistrat est victime des conflits qui existent entre lui et certains de ses supérieurs de l’époque.
L’affaire a été reportée à une autre date ultérieure.
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