Nyarugusu (Tanzanie): les hommes d’église dans le collimateur des autorités tanzaniennes


Depuis quelques semaines, des pasteurs et responsables d’églises ne vont plus prêcher la bonne nouvelle les dimanches. Ils craignent d’être arrêtés par la police tanzanienne qui, en collaboration avec des autorités de ce pays les accusent de ne pas les aider à sensibiliser les réfugiés burundais à rentrer. Des réfugiés quant à eux parlent d’une injustice notoire dont les responsables d’églises sont victimes. (SOS Médias Burundi)

Selon des sources au sein du camp de Nyarugusu, le plan d’arrêter des hommes d’église remonte à quelques semaines.

« Depuis quelques semaines, les autorités tanzaniennes qui croyaient que nous allions rentrer en grand nombre ont été déçues, malgré les menaces et tous les autres moyens qu’elles avaient utilisé. Alors, elles ont voulu que les évangélistes, pasteurs ou prêtres aident à sensibiliser à l’église, les chrétiens à rentrer. La police aurait reçu même l’ordre de les arrêter au cas où ils refuseraient. Ainsi donc, ils ont décidé de ne plus être visibles de peur d’être appréhendés », expliquent-elles.

Selon nos sources, la police tanzanienne détient une liste des responsables et hommes d’église à interpeller.

Des réfugiés y voient une injustice notoire contre les individus ciblés.

“Pourquoi vouloir que nous soyons sensibilisés à l’église pour rentrer chez nous? Ce n’est pas compréhensible car ce n’est pas le rôle des églises si ce n’est que nous enseigner la parole de Dieu. Pour rentrer, la décision est individuelle comme ça a été le cas lorsque nous avons décidé de fuir notre pays”, estiment des réfugiés.

Et d’ajouter, « Nous avons vu des nôtres disparaître. Nous craignons que ces hommes d’église subissent le même sort. Nous demandons que leur sécurité et celle des réfugiés burundais soit assurée au lieu nous laisser exposés aux menaces des agents de renseignements burundais qui sont légion dans notre camp ».

Depuis un certain temps, des leaders communautaires, des intellectuels et membres des mouvements associatifs sont régulièrement pointés du doigt par l’administration du camp, les accusant d’être des obstacles du retour des burundais, dans différents camps en Tanzanie.

Le processus de rapatriement des réfugiés burundais en Tanzanie a été lancé en 2017.
Toutefois, plus de 160.000 Burundais restent toujours dans trois camps de ce pays à savoir Nyarugusu, Nduta et Mtendeli.