Dzaleka (Malawi) et Kakuma (Kenya) : les réfugiés burundais déplorent des conditions de vie intenables

Dzaleka (Malawi) et Kakuma (Kenya) : les réfugiés burundais déplorent des conditions de vie intenables

Ils rapportent qu’ils reçoivent une quantité de nourriture tellement minime qu’ils ne peuvent plus survivre. La situation crée selon eux un phénomène de banditisme à tel point que des réfugiés se voient voler le peu qu’ils tentent de cultiver pour combler le vide. À Kakuma comme à Dzaleka, ils demandent au HCR et aux pays d’accueil d’augmenter la quantité de leurs quotas alimentaires. (SOS Médias Burundi)

D’après des réfugiés de Dzaleka, y vivre revient à jeûner de façon permanente. Témoignage: Je tiens un petit champ de maïs et de légumes à l’intérieur du camp. La ration alimentaire qui nous est offerte est tellement petite que nous devons la compléter.

Entretenir son champ n’est pas aussi facile dans ce camp situé dans le district de Dowa, non loin de la capitale Lilongwe. “Mon mari doit monter la garde toute la nuit pour éviter que des bandits ne viennent tout voler. Ils sont nombreux ici à cause de la famine. Dérober est devenu un moyen de vie”, se lamente une Burundaise rencontrée dans un champ.

Le HCR a changé le système de prise en charge de ces Burundais. La ration est perçue en Kwacha (monnaie du Malawi). Toutefois, la somme reçue mensuellement est décrite comme « insignifiante ». “Je ne reçois que 4050 MWK (Malawian Kwachas), environ 5 dollars américains pour couvrir une période de deux mois. Avec le coût de la vie, 1kg de riz varie entre 700 et 1000 MWK, vous comprenez que cette somme ne peut même pas acheter 7 kg de riz. Cela ne suffit même pas pour un mois, imaginez les sacrifices que l’on doit faire pour vivre avec cette somme alors[…]”, déplore Félix.

Situation similaire à Kakuma

Dans ce camp situé au nord-ouest du Kenya, les réfugiés burundais disent vivre dans de très mauvaises conditions. “Ici on reçoit 7 kg de grains de maïs, 2kg de petit pois et 1 litre d’huile de cuisine. En plus de ça, nous recevons une somme de 500 shillings kényan (un demi-dollar) pour diversifier l’alimentation et 100 Shillings pour acheter du savon. Cela ne peut pas suffir pour un mois alors que les distributions sont pour deux mois”, détaille Silas.

Pour vivre, des réfugiés font recours à de petites activités génératrices de revenus dont le transport sur vélo. Ils vont généralement puiser de l’eau qui est une denrée rare dans cette région désertique. D’autres tiennent de petits stands de fruits ou de légumes ou encore des salons de coiffure pour hommes.

À Kakuma, comme à Dzaleka, des Burundais demandent au pays d’accueil de leur faciliter la vie pour qu’ils soient embauchés par les communautés d’accueil. Ils proposent aussi des projets conjoints avec les Kényans et les Malawites pour briser le gap qui les sépare culturellement.

Les camps de Dzaleka et Kakuma abritent respectivement environ 11.000 et 20.000 Burundais qui ont fui pour la plupart en 2015 suite à la crise déclenchée par un autre mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza.

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Photo : des individus passent devant un centre de l’ONG IRC, à Kakuma

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