Bubanza : affaire Jean Paul Nsavyimana, pourquoi il n’est toujours pas jugé?

Bubanza : affaire Jean Paul Nsavyimana, pourquoi il n’est toujours pas jugé?

Cela fait un mois que Jean Paul Nsavyimana est détenu au cachot de la police communale de Gihanga (province de Bubanza à l’ouest du Burundi). Il est poursuivi pour avoir brûlé une fille de 9 ans. Des habitants disent ne pas comprendre pourquoi ce militant de la ligue des jeunes Imbonerakure et chef de colline n’est pas encore jugé pour des actes qu’il a lui-même avoués. (SOS Médias Burundi)

Après son interpellation par la police suite à une alerte des femmes leaders communautaires, le chef de colline de Buringa a reconnu avoir brûlé les poings de la fillette. « Il s’est excusé et a promis de payer les frais médicaux et d’hospitalisation de l’enfant torturé. Seulement, nous ne comprenons pas pourquoi il n’est pas encore transféré à la prison de Bubanza », s’indigne une mère de famille.

Complicité

Normalement, quand un détenu doit être transféré d’un cachot de police ou du commissariat vers une prison, c’est le véhicule du parquet qui est utilisé pour le transporter. Dans une certaine mesure, des véhicules des autorités administratives ou policières sont également utilisés.

Dans l’affaire Nsavyimana, le procureur de province avance qu’il ne dispose pas de véhicule à cet effet. Des observateurs à Gihanga estiment qu’il s’agit d’un échappatoire. « Ce motif n’est pas fondé. Le procureur de Bubanza de même que le commissaire provincial de la police ont des véhicules qui sont souvent utilisés pour transporter des détenus de Gihanga à Bubanza. L’administrateur communal a aussi un véhicule de service neuf. Et puis, le trajet Gihanga-Bubanza est de quelques minutes, c’est juste quelques 19 km. Il faut chercher les raisons ailleurs », indiquent-ils.

Selon des sources locales, le procureur de province veut protéger le responsable collinaire qui souffre d’une maladie chronique.

Selon le code de procédure pénal au Burundi, aucun détenu ne peut dépasser quatorze jours dans un cachot de la police. Seuls les renseignements sont autorisés de garder dans leurs cachots des individus pendant une période illimitée.

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Photo : l’enfant brûlé par le chef de colline

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