Burundi : le gouvernement burundais se retrouve dans l’incapacité totale d’exécuter plusieurs projets de développement (ONU)
Ce mercredi , le coordonnateur résident a.i du système des Nations-Unies au Burundi a animé un café de presse sur les réalisations de différentes agences onusiennes dans la petite nation de l’Afrique de l’est. Abdou Dieng a affirmé que le gouvernement burundais se retrouve dans l’incapacité totale d’exécuter plusieurs projets de développement suite au manque de capacités. Il blâme les mauvais salaires. Le président de l’Assemblée nationale Daniel Gélase Ndabirabe reconnaît aussi que « nous avons un problème sérieux de compétences ». (SOS Médias Burundi)
Selon Abdou Dieng, il y a beaucoup de projets de développement financés par les Nations-Unies qui ne sont pas réalisés ou exécutés.
Motif : manque de capacités.
« Aujourd’hui, le gouvernement nous dit: nous n’avons pas pu exécuter ces projets parce qu’on n’a pas les capacités. Moi j’ai posé la question : vous voulez des capacités externes qui viennent ici ou vous voulez qu’on vous aide à faire revenir des nationaux burundais qui sont hyper-compétents qui sont dans la diaspora, il y en a beaucoup », a dit le diplomate onusien.
Raisons
Pour Abdou Dieng, les gens doivent se demander les raisons qui sont derrière la fuite des cerveaux au Burundi.
« [….], ici le problème qui se pose, on va faire le renforcement de capacités on en a parlé mais si on ne règle pas le problème des salaires, j’ai peur que même les capacités qu’on va renforcer vont nous passer entre les doigts », a-t-il poursuivi.
Le coordonnateur résident a.i du système des Nations-Unies au Burundi regrette que plusieurs intellectuels burundais ne peuvent pas revenir servir leur nation alors que beaucoup d’autres pays profitent de leur bagage.
« […], il y a ce capital formé au Burundi- moi je travaille pour les Nations-Unies, j’ai fait tous les pays, j’ai rencontré tellement de Burundais très compétents mais qui n’arrivent pas à rentrer. Ça c’est une question, on est en train de discuter avec le gouvernement burundais mais c’est le gouvernement qui doit aussi nous dire dans quel domaine », a conclu M.Dieng.
Confirmation des autorités burundaises
Ces préoccupations, le représentant de l’ONU au Burundi les partage avec les autorités de la petite nation de l’Afrique de l’est.
« Nous avons un problème sérieux de compétences. Nous l’avons constaté très récemment lors de la préparation du budget programme 2023-2024. Il s’est remarqué beaucoup de lacunes. On avait pourtant rassemblé des experts dans le domaine du budget programme pour que l’on puisse aboutir à un travail bien fait mais ils étaient très peu nombreux les spécialistes à la hauteur de cette tâche », a-t-il déclaré ce mercredi lorsque le ministre en charge des finances présentait son rapport d’activités trimestriel à la chambre basse du parlement.
Et de se désoler: » Moi, je me demande comment se présente la situation dans les différents secteurs ! Si c’est le même problème qui se pose, il faut toujours s’attendre à des retards dans la présentation des rapports ».
Récemment, les syndicats de médecins burundais ont déploré la fuite de médecins vers d’autres pays, évoquant le maigre salaire comme principale cause.
Selon nos informations, plus de 200 médecins burundais sont partis travailler au Rwanda et au Kenya depuis 2014.
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Photo : Abdou Dieng, coordonnateur résident a.i du système des Nations-Unies au Burundi lors d’un café de presse à Bujumbura, le 25 octobre 2023
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