RDC (Fizi) : des habitants dénoncent des barrières érigées par les Maï Maï Yakutumba

RDC (Fizi) : des habitants dénoncent des barrières érigées par les Maï Maï Yakutumba

Dans le territoire de Fizi en province du Sud-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo, des Maï Maï, un groupe armé qui opère dans ce territoire, menacent la quiétude des habitants.Selon ces derniers, cette bande armée a érigé des barrières sur les routes et tronçons pour les rançonner. Les commerçants et les orpailleurs sont les plus visés. Une situation qui s’est aggravée après le passage d’un député élu dans cette circonscription. Justin Bitakwira aurait demandé aux Maï Maï Yakutumba de quitter la brousse pour s’en prendre aux Banyamulenge notamment. (SOS Médias Burundi)

Les barrières des Maï Maï Yakutumba sont repérées notamment à Makabola, Munene, Swima, Milimba, Kadegu, Mukera, Nakatete, Ilambo, Chabula et Kanande.

« De Bukavu à Uvira et à Baraka, il y a au moins 5 barrières des Maï Maï Yakutumba. Les habitants qui y passent doivent payer chacun 1000 francs congolais », raconte John, résidant à Bukavu après son voyage.

C’est aussi le cas d’Amisi qui habite la ville d’Uvira qui a fait le voyage de Mukera à Lugezi. « Il y a trois barrières des Maï Maï Yakutumba. J’ai dû payer trois fois comme les autres passagers », a-t-il souligné.

Des habitants affirment aussi que les Maï Maï extorquent de l’argent aux propriétaires de restaurants, d’hôtels et de magasins qui disent payer 5 000 francs congolais chacun et par mois.

Ces barrières des Maï Maï Yakutumba dans le territoire de Fizi ont été renforcées après une rencontre avec le député national Justin Bitakwira. Il a demandé aux Maï Maï de quitter la brousse pour aller s’en prendre aux Banyamulenge notamment.

Signalons que les Maï Maï sont également accusés de tueries, pillages, enlèvements et tortures de civils.

Des représentants de la communauté Banyamulenge visée par un génocide selon plusieurs alertes des organisations de défense des droits humains et experts en droit, ont qualifié les propos de M. Bitakwira d’appel au lynchage et appelé les autorités congolaises à « agir et protéger les Banyamulenge », expliquant que les massacres contre les membres de cette communauté se sont intensifiés au cours des sept dernières années.

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Photo : une zone où les milices locales ont érigé des barrières dans le Nord-Kivu, juin 2023 © SOS Médias Burundi

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