Des détenus acquittés toujours incarcérés à Mpimba : Ntabariza tire la sonnette d’alarme
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 4 septembre 2025- Plus d’une centaine de personnes, pourtant acquittées par la justice burundaise, restent injustement détenues à la prison centrale de Bujumbura, dite Mpimba. C’est ce que dénonce avec vigueur l’Association pour la défense des prisonniers et leurs familles, Ntabariza, lors d’une conférence de presse tenue à Bujumbura, la capitale économique du Burundi.
Selon le président de l’association, Jean Marie Nshimirimana, certains prisonniers restent incarcérés malgré la preuve écrite de leur acquittement par les tribunaux. Il s’interroge sur la responsabilité des procureurs qui, selon lui, refusent d’exécuter les décisions de justice.
« C’est étonnant de voir des gens continuer à être emprisonnés alors que la justice a déjà tranché », a-t-il déclaré ce mercredi.
Une violation grave des droits humains
Une situation qui, selon Ntabariza, va à l’encontre non seulement des droits fondamentaux des prisonniers, mais aussi des intérêts du pays.
« Ce sont des personnes productives, capables de contribuer à l’économie. Les garder en prison, c’est gaspiller des ressources pour entretenir des innocents », a martelé M. Nshimirimana.
Interpeller les institutions : un appel au Parlement
L’association appelle les parlementaires récemment élus à user de leur pouvoir pour interpeller le Procureur général de la République. Elle invite également les députés et sénateurs à effectuer des descentes dans les établissements pénitentiaires afin de constater la réalité sur le terrain.
« Peut-être que c’est en voyant ces situations de leurs propres yeux qu’ils poseront enfin les bonnes questions au ministre de la Justice », a ajouté le président de Ntabariza.
Une grâce présidentielle ignorée
Outre les détenus acquittés, Jean Marie Nshimirimana a également évoqué le sort des prisonniers graciés par le président de la République, mais qui n’ont toujours pas été libérés. Il dénonce des dysfonctionnements graves dans l’application des décisions présidentielles.
« C’est incompréhensible qu’on puisse ignorer une grâce présidentielle. Pire encore, certains ont été libérés alors qu’ils ne figuraient même pas sur la liste des bénéficiaires, au détriment de ceux qui y avaient droit », a-t-il déclaré avec indignation.
Une justice à l’épreuve de la confiance publique
L’association affirme disposer de la liste complète des prisonniers concernés, des procureurs impliqués ainsi que des tribunaux responsables de ces irrégularités.
« C’est honteux de voir un procureur garder un prisonnier pour ses intérêts alors qu’il est acquitté », a conclu Jean Marie Nshimirimana.
Ce dossier met une nouvelle fois en lumière les lenteurs et les dysfonctionnements de la justice burundaise, régulièrement critiquée pour sa lenteur, son opacité et ses interférences politiques.
Face à ces révélations, Ntabariza appelle à une réaction urgente et coordonnée des autorités judiciaires et politiques pour mettre fin à ce qu’elle qualifie de « détention arbitraire et illégale ».
Jusqu’à ce jeudi 4 septembre, la prison centrale de Bujumbura dite Mpimba hébergeait 4 376 prisonniers pour une capacité d’accueil de 800 personnes seulement.
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Photo : des prisonniers discutent en petits groupes à la prison centrale de Bujumbura, dite Mpimba.
L’association locale Ntabariza dénonce des détentions arbitraires dans cet établissement pénitentiaire, qui accueille cinq fois plus de détenus que sa capacité normale. © SOS Médias Burundi
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