Cibitoke et Bukinanyana frappées par le choléra : 13 morts et près de 500 cas recensés
SOS Médias Burundi
Cibitoke, 4 octobre 2025 – Depuis le 4 septembre, une épidémie de choléra frappe plusieurs collines des communes de Cibitoke et Bukinanyana, dans le nord-ouest du Burundi. Selon les autorités sanitaires, 479 personnes ont été contaminées, mais des sources médicales avancent un total de 492 cas, dont 13 décès. Malgré les efforts conjoints du ministère de la Santé, de Médecins Sans Frontières (MSF) et de la Croix-Rouge, les habitants dénoncent un manque de transparence et des mesures jugées insuffisantes pour enrayer la propagation du fléau.
Apparue le 4 septembre dernier, l’épidémie de choléra continue de se propager sur plusieurs collines des communes de Cibitoke et Bukinanyana. Les localités les plus touchées sont Mparambo, Nyakagunda, Samwe, Munyika, Rusiga, Rukana, Kagazi, Gasenyi, Ndava et Nyamitanga.
Le choléra a déjà coûté la vie à 13 personnes, parmi lesquelles 5 enfants et 8 adultes, selon des sources médicales qui se sont confiées à SOS Médias Burundi, dans la sous-colline Rubuye. Sur la colline Nyakagunda, sept personnes, dont trois enfants, ont succombé. À Rukana, dans le secteur de Binyange, Mbaza-Miduha, cinq décès ont été enregistrés (deux enfants et trois adultes). Enfin, à Rusiga, une personne âgée a également perdu la vie.
Les autorités affirment que 470 malades ont été guéris et que 9 autres restent hospitalisés au centre de traitement de Rugombo.
Des autorités locales contraintes au silence
Malgré la gravité de la situation, plusieurs sources locales affirment que les autorités de base ont reçu l’ordre de ne pas communiquer sur les décès.
« On nous a interdit de parler des morts, car cela ferait mauvaise impression », confie sous anonymat un responsable administratif d’une colline touchée.
Les habitants s’interrogent sur ce silence et craignent qu’il n’empêche la population de prendre la pleine mesure du danger.
« Si on cache les chiffres, les gens ne prendront pas de précautions », déplore un père de famille de Mparambo.
Des soignants sur le terrain, mais muselés
L’ONG Médecins Sans Frontières (MSF), présente dans la région pour soigner les malades, confirme la gravité de la situation mais ne serait pas autorisée à faire de déclarations publiques. Ce mutisme, selon plusieurs habitants, renforce le sentiment d’opacité et la méfiance envers les autorités sanitaires.
Une eau insalubre au cœur du problème
Au-delà du silence imposé, les causes de l’épidémie restent bien connues. Interrogé sur la situation, le médecin chef du district sanitaire de Cibitoke s’est montré réservé. Il s’est toutefois félicité des efforts entrepris pour contenir la maladie : campagnes de sensibilisation, désinfection des habitations et distribution de produits d’hygiène, en collaboration avec la Croix-Rouge et plusieurs ONG humanitaires, dont MSF.
Le responsable médical appelle néanmoins le gouvernement à améliorer l’accès à l’eau potable, estimant que la principale cause du choléra demeure l’usage d’eaux contaminées :
« Les habitants utilisent l’eau des rivières et des marais, souvent polluée par des produits chimiques agricoles. C’est la source du problème. »
Le choléra, maladie diarrhéique aiguë causée par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés, se propage rapidement dans les zones à faible accès à l’eau potable et à l’assainissement.
Des cas de choléra ont également été rapportés dans le nord de la capitale économique Bujumbura, où l’accès à l’eau potable reste aussi un élément aggravant de la situation.
Une urgence sanitaire sous contrôle fragile
Si la situation semble stabilisée selon les services de santé, la population reste vulnérable. Les collines touchées vivent dans des conditions précaires, sans infrastructures sanitaires suffisantes ni accès durable à l’eau propre.
Alors que la saison des pluies approche, la vigilance reste de mise. Sans un accès durable à l’eau potable et une communication transparente, le Burundi risque de faire face à une nouvelle flambée épidémique dans les semaines à venir.
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