Ngozi : le parquet réclame 12 ans de prison pour la journaliste Sandra Muhoza
SOS Médias Burundi
Ngozi, 19 décembre 2025 – Au Tribunal de Grande Instance de Ngozi dans le nord du Burundi, le parquet de la République a requis, ce vendredi, une peine de 12 ans d’emprisonnement assortie d’une amende d’un million de francs burundais contre la journaliste Sandra Muhoza, du journal La Nova. Elle est poursuivie pour atteinte à la sécurité intérieure de l’État et incitation à la haine ethnique, des faits que sa défense conteste vigoureusement.
Ces accusations portent sur un message échangé via WhatsApp dans un groupe de journalistes, que le parquet considère comme constitutif d’infraction pénale. De son côté, Sandra Muhoza et ses avocats rejettent ces accusations, arguant que les faits reprochés ne constituent pas une infraction selon le Code pénal en vigueur et demandent sa relaxe immédiate.
À l’issue des débats, le tribunal a mis l’affaire en délibéré, avec un verdict attendu dans un mois au plus tard. Plusieurs personnes présentes dans la salle d’audience ont exprimé leur mécontentement, réclamant la libération de la journaliste.
Cette affaire survient alors que Sandra Muhoza avait déjà été condamnée en décembre 2024 à 21 mois de prison pour des accusations similaires, une peine annulée en mai 2025 par la Cour d’appel pour défaut de compétence du tribunal ayant jugé le dossier. Malgré cette annulation, Muhoza reste incarcérée et fait face à de nouvelles poursuites.
La solidarité internationale se manifeste également : 127 femmes journalistes africaines ont adressé, ce 18 décembre, une lettre relayée par CPJ, le Comité pour la protection des journalistes, dénonçant son emprisonnement et appelant à sa libération inconditionnelle, rappelant qu’il prive le public d’une voix importante. Elles évoquent la douleur de la séparation d’avec ses proches, notamment ses enfants, à l’approche des fêtes de fin d’année.
Récemment, le président Évariste Ndayishimiye, affirmant ignorer le cas de Sandra Muhoza, l’a invitée à lui écrire pour solliciter une grâce présidentielle, ouvrant ainsi une possible voie de sortie.
Cette affaire relance le débat sur la liberté de la presse au Burundi et sur le traitement judiciaire des journalistes dans le pays, déjà fragilisée par plusieurs affaires similaires.
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