Buhumuza : pénurie d’eau potable au camp des réfugiés de Nyankanda après la destruction d’une source
SOS Médias Burundi
Ruyigi, 17 mars 2026 — Le camp de réfugiés de Nyankanda, situé dans la commune de Ruyigi, en province de Buhumuza, à l’est du Burundi, traverse actuellement une grave pénurie d’eau potable. Depuis le jeudi 12 mars, les installations d’approvisionnement en eau du camp ont été fortement endommagées, plongeant des milliers de réfugiés congolais dans une situation humanitaire préoccupante.
Selon les informations recueillies sur place, la source qui alimentait le réseau de distribution d’eau du camp a été détruite à la suite des fortes pluies qui se sont abattues sur la région. Les eaux ont emporté plusieurs tuyaux et endommagé l’infrastructure de captage, détruisant ainsi la source aménagée qui approvisionnait les réfugiés.
Depuis cet incident, les habitants du camp sont contraints de chercher de l’eau dans des conditions difficiles et souvent insalubres. Certains se rendent dans les bas-fonds ou aux rivières voisines pour puiser de l’eau, malgré les risques sanitaires.
Turinabo, une réfugiée vivant dans le camp, témoigne :
« Aujourd’hui, je suis allée dans le bas-fond pour puiser de l’eau de la rivière. L’eau est pleine de boue, mais nous n’avons pas d’autre solution. Sans une intervention rapide, nous risquons de souffrir de maladies comme la typhoïde et d’autres maladies liées à l’eau insalubre. »
D’autres réfugiés tentent de se ravitailler auprès des populations locales, mais l’accès reste compliqué. Michel, un autre habitant du camp, explique :
« Je suis allé chercher de l’eau à un robinet chez des Burundais, mais on m’a demandé 1 000 francs burundais pour pouvoir puiser de l’eau. Chez moi, j’utilise au moins cinq bidons de 20 litres par jour. Sans eau, il n’y a pas de vie. »
Face à cette situation, les réfugiés lancent un appel urgent aux autorités et aux organisations humanitaires :
« Nous interpellons le gouvernement burundais, le HCR et ses partenaires afin qu’ils nous aident à réparer notre source d’eau le plus rapidement possible », insiste Michel.
Le camp de Nyankanda abrite actuellement plus de 12 000 réfugiés congolais, dont la majorité dépend entièrement de l’aide humanitaire pour satisfaire leurs besoins essentiels. Sans intervention rapide pour rétablir l’approvisionnement en eau potable, les habitants du camp craignent une crise sanitaire dans les jours à venir.
__________________________________________
Photo : des réfugiés de Nyankanda à la recherche d’eau dans un cours d’eau, faute d’accès à une source potable endommagée par les fortes pluies. SOS Médias Burundi
You might also like
Dzaleka (Malawi) : manque d’eau potable
Des réfugiés burundais du camp de Dzaleka au Malawi dénoncent un manque criant d’eau potable. Ils demandent au HCR de leur venir en aide. (SOS Médias Burundi) L’eau potable est
Mahama (Rwanda) : une lutte contre les insectes nuisibles qui sauve et qui frustre à la fois
Le ministère rwandais de la Santé a lancé lundi dernier, une campagne de pulvérisation des insecticides au camp de Mahama. L’objectif est de lutter contre les maladies causées par des
Nduta (Tanzanie) : des boissons prohibées font des victimes
Plusieurs sortes de boissons prohibées, commercialisées de façon clandestine menacent la vie des réfugiés. La police, accusée d’être laxiste, est appelée à se ressaisir. (SOS Médias Burundi) La consommation de
