Kiremba : le pouvoir d’achat des habitants mis à rude épreuve
SOS Médias Burundi
Kiremba , 2 avril 2026 — Le mois de mars qui vient de s’écouler a été marqué par une hausse significative des prix des denrées alimentaires au marché de Masanganzira, en commune Kiremba, dans la province de Butanyerera, au nord du Burundi. Une situation qui inquiète à la fois commerçants et consommateurs.
Selon plusieurs vendeurs rencontrés sur place, cette flambée des prix s’explique principalement par une mauvaise saison agricole et une pénurie persistante de carburant, qui complique considérablement l’acheminement des produits.
« Nous recevons peu de marchandises ces derniers temps. Les récoltes n’ont pas été bonnes et le carburant est difficile à trouver, ce qui augmente les coûts de transport. Nous sommes obligés d’augmenter les prix pour ne pas travailler à perte », témoigne un vendeur de pommes de terre sous couvert d’anonymat.
Sur les étals, les hausses sont visibles sur plusieurs produits de base. Le riz local, communément appelé « Kigori », est passé de 5 000 à 6 000 francs burundais le kilo, tandis que le « Umunyagitega » se vend désormais à 7 000 francs, contre 6 000 auparavant. Le riz importé de Tanzanie a lui aussi fortement augmenté, passant de 7 500 à 9 000 francs le kilo.
Les pommes de terre enregistrent également une hausse notable, leur prix variant désormais entre 2 200 et 2 500 francs le kilo, contre 1 200 à 1 500 francs auparavant. Du côté des légumineuses, le kilo de haricots jaunes atteint 4 000 francs, tandis que le haricot « Kinure » se négocie à 3 500 francs. Les oignons rouges et blancs suivent la même tendance, se vendant respectivement à 4 000 et 5 000 francs.
Face à cette situation, les consommateurs expriment leur inquiétude.
« Avant, avec 10 000 francs, je pouvais acheter plusieurs produits pour ma famille. Aujourd’hui, cela ne suffit même pas pour le strict minimum. Nous sommes vraiment en difficulté », confie Manariyo, un acheteur rencontré sur place.
La hausse touche également les fruits. L’ananas, autrefois vendu à 2 000 francs, coûte désormais 3 000 francs. Les pastèques ont triplé de prix, passant de 5 000 à 15 000 francs. Quant aux oranges, elles se vendent entre 3 000 et 5 000 francs le tas.
Malgré une légère baisse observée sur certains produits comme le maïs et le sucre, la majorité des denrées restent à des niveaux élevés, rendant le quotidien de plus en plus difficile pour de nombreux ménages.
« Même si certains prix baissent, cela ne compense pas l’augmentation des produits essentiels. Nous sommes obligés de réduire nos achats, et parfois même de sauter des repas », déplore Minani, un habitué du marché de Masanganzira.
La situation de Kiremba n’est pas un cas isolé. Dans plusieurs localités de la province de Butanyerera et ailleurs au Burundi, des hausses similaires des prix des denrées alimentaires sont signalées. Cette tendance généralisée reflète une pression croissante sur les marchés locaux, alimentée notamment par la baisse de la production agricole.
Cette diminution de la production s’explique, entre autres, par le manque d’intrants agricoles, lui-même lié à la rareté des devises étrangères nécessaires à l’importation des matières premières indispensables à la fabrication des engrais. À cela s’ajoutent les difficultés d’approvisionnement en carburant et les perturbations des circuits de distribution.
Pour de nombreux ménages, cette inflation persistante accentue la précarité et réduit davantage leur capacité à subvenir à leurs besoins essentiels.
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