Est de la RDC : intensification des opérations militaires et montée des tensions dans les hauts plateaux
SOS Médias Burundi
Uvira, 19 mai 2026 – La situation sécuritaire continue de se détériorer dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo, sur fond d’intensification des opérations militaires impliquant les forces burundaises, les Forces armées de la RDC (FARDC) et les milices Wazalendo soutenues par Kinshasa, face aux groupes armés M23 et Twirwaneho. Ces développements s’inscrivent dans un contexte régional marqué par des offensives militaires, des déplacements massifs de civils et des tensions diplomatiques persistantes dans la région des Grands Lacs.
Depuis le début de l’année 2026, le Burundi a procédé à un nouveau redéploiement militaire via le lac Tanganyika, avec des embarcations ayant accosté dans les zones de Baraka et Mboko, avant de rejoindre progressivement les hauts plateaux du Sud-Kivu.
Des opérations conjointes dans les hauts plateaux
Les forces burundaises sont engagées dans des opérations conjointes avec les FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) et les milices Wazalendo soutenues par Kinshasa dans plusieurs localités stratégiques, notamment Point Zéro, Mulima, Mikenge, Kakenge, Kalingi et Bidegu.
Ces opérations visent la reprise ou la consolidation du contrôle de zones influencées ou occupées par les groupes armés actifs dans les hauts plateaux.

Uvira, une ville stratégique au cœur des enjeux sécuritaires
Le M23 s’est brièvement emparé de la ville stratégique d’Uvira avant de s’en retirer en janvier 2026, après environ un mois d’occupation. Cette ville, située à proximité immédiate de Bujumbura, la capitale économique du Burundi où sont concentrées les agences des Nations unies et l’administration centrale, demeure un point hautement stratégique dans la région des Grands Lacs.
Ce retrait aurait été effectué sous pressions diplomatiques internationales, notamment américaines, selon plusieurs sources régionales.
Déploiements militaires et poursuite des opérations
Le 15 mai 2026, plusieurs embarcations transportant des militaires burundais ont accosté à Ruzizi, non loin du port de Kalundu à Uvira, avant de déployer des troupes vers Bijombo (territoire d’Uvira) et Itombwe (territoire de Mwenga).
Ces forces renforcent les opérations en cours contre le M23 et Twirwaneho dans les hauts plateaux. Le déploiement est estimé à environ deux bataillons, visant à rééquilibrer les rapports de force dans la zone de Minembwe et à contrôler les mouvements entre Rurambo, Bijombo et Minembwe.
Ces opérations s’ajoutent à celles déjà menées en avril 2026 dans plusieurs localités stratégiques, notamment Point Zéro, Mulima, Mikenge, Kakenge, Kalingi et Bidegu, dans le cadre des opérations conjointes avec les FARDC et les milices Wazalendo soutenues par Kinshasa.
Offensives sans percée décisive et crise humanitaire
Depuis décembre 2025, les forces burundaises, appuyées par les FARDC et les Wazalendo, ont lancé plusieurs offensives pour tenter de reprendre Minembwe, sans parvenir à déloger les combattants du M23 et de Twirwaneho.
Les combats ont provoqué une dégradation rapide de la situation humanitaire. Des milliers de civils ont fui les villages de Kalingi, Kakenge, Bidegu, Ilundu, Mikenge et Kalongi vers Kiliba, Runingu et Uvira, tandis que d’autres ont traversé la frontière vers le Burundi.
Selon les Nations unies, la guerre dans l’est de la RDC a déjà déplacé plus de 7 millions de personnes depuis plusieurs décennies et causé des milliers de morts civils.
Accusations contre la FDNB et tensions politiques
La Force de défense nationale du Burundi (FDNB) est accusée par plusieurs organisations locales et internationales de violations des droits humains dans la zone de Minembwe, notamment des cas de blocage de la circulation, de destructions de biens et de pillages visant des civils.
Le porte-parole de la FDNB, le général de brigade Gaspard Baratuza, a reconnu que des restrictions de mouvement pouvaient être imposées à des personnes considérées comme des « collaborateurs de l’ennemi », notamment dans des zones où des échanges avec les marchés locaux sont observés.

Acteurs armés et recomposition politique
Le M23 opère aux côtés de la coalition AFC (Alliance Fleuve Congo), dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de la RDC. Cette coalition plaide pour l’instauration d’un État fédéral en République démocratique du Congo.
Les accusations croisées entre Kigali, Kinshasa et Gitega continuent d’alimenter les tensions dans la région des Grands Lacs. La RDC accuse le Rwanda de soutenir le M23, majoritairement composé de Tutsis congolais ayant repris les armes fin 2021, reprochant aux autorités congolaises de ne pas avoir respecté leurs engagements de réinsertion, tandis que Kigali reproche au Burundi et à la RDC leur soutien aux FDLR, un groupe armé hutu rwandais dont certains membres sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsis en 1994. Malgré les démentis répétés du Rwanda, un rapport du Groupe d’experts des Nations unies a confirmé en décembre 2025 la présence de 5 000 à 7 000 militaires rwandais aux côtés des rebelles du M23.
Le groupe armé Twirwaneho, composé de jeunes de la minorité Banyamulenge, est un allié stratégique et fort du M23 dans le Sud-Kivu.
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Photo : Des militaires burundais lors d’une opération de sécurisation de hauts responsables congolais dans la ville d’Uvira, au Sud-Kivu. De nouveaux déploiements militaires burundais ont été signalés ces dernières semaines dans les hauts plateaux de l’est de la RDC. © SOS Médias Burundi
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