Bwagiriza : billets de sortie contre argent, les réfugiés dénoncent un système présumé de racket

Bwagiriza : billets de sortie contre argent, les réfugiés dénoncent un système présumé de racket

SOS Médias Burundi

Ruyigi, 21 août 2026 — Des réfugiés du camp de Bwagiriza, situé dans la commune de Ruyigi, dans la province de Buhumuza, à l’est du Burundi, dénoncent des difficultés persistantes liées à l’obtention des billets de sortie, un document administratif leur permettant de quitter temporairement le camp pour se rendre dans d’autres communes ou provinces du pays.

Selon plusieurs témoignages recueillis auprès de réfugiés, l’obtention de ce document, qui serait normalement délivré gratuitement dans les camps, serait devenue difficile à certains moments. Certains affirment avoir été confrontés à des demandes d’argent pour obtenir leur autorisation de sortie. Les montants évoqués par les témoins peuvent dépasser 20 000 francs burundais.

Pour les réfugiés concernés, cette situation constitue une charge supplémentaire, notamment pour ceux qui doivent se déplacer pour des raisons familiales, administratives ou professionnelles, ou pour accéder à certains services qui ne sont pas disponibles à l’intérieur du camp.

« On nous demande parfois de l’argent »

« Ce problème ne date pas d’aujourd’hui », témoigne Stéphane, un réfugié de Bwagiriza. Selon lui, les difficultés liées aux billets de sortie existent depuis longtemps, mais la situation aurait pris davantage d’ampleur ces derniers jours.

« Cela fait longtemps que nous rencontrons des problèmes pour obtenir les billets de sortie. Mais ces derniers jours, la situation est devenue plus difficile. On nous demande parfois de l’argent pour avoir ce document, alors qu’il devrait être délivré gratuitement. Pour certains réfugiés, payer plus de 20 000 francs est très difficile », affirme-t-il.

Une barrière dénoncée près du camp

Le même réfugié évoque également une barrière installée à proximité du camp, au niveau de Kwisumo Centre, où, selon plusieurs témoignages, des jeunes présentés par les réfugiés comme des Imbonerakure, la ligue des jeunes du CNDD-FDD, parti au pouvoir, demanderaient de l’argent aux personnes souhaitant emprunter cette route.

Cette situation suscite des inquiétudes parmi les habitants du camp, qui affirment avoir demandé à plusieurs reprises que cette barrière soit retirée de la route ou que les pratiques dénoncées cessent, sans constater, selon eux, de changement significatif.

« Nous avons plusieurs fois demandé que ces jeunes quittent la route et que cette barrière soit supprimée. Jusqu’à présent, nos demandes n’ont pas produit d’effet. Les réfugiés qui passent par cet endroit disent qu’on leur demande de l’argent », poursuit le témoin.

Ces accusations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Des accusations de paiements dans certains services

Au-delà de la question des billets de sortie, plusieurs réfugiés interrogés font état de difficultés qu’ils associent à des pratiques présumées de corruption dans l’accès à certains services administratifs.

Ils citent notamment des services relevant de l’Office national de protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA), affirmant que des sommes d’argent leur auraient parfois été demandées pour accéder à des services qu’ils considèrent comme gratuits.

Ces témoignages soulèvent des interrogations sur l’accès équitable aux services administratifs au sein du camp et sur les mécanismes de plainte disponibles pour les réfugiés qui estiment avoir été confrontés à des demandes d’argent indues.

Plus de 8 000 réfugiés dans le camp

Le camp de Bwagiriza accueille aujourd’hui plus de 8 000 réfugiés.

Dans un contexte où une grande partie des résidents dépend des services administratifs et humanitaires, toute difficulté d’accès à ces services peut avoir des conséquences importantes sur leur quotidien.

Face à ces accusations, les réfugiés demandent davantage de transparence dans la délivrance des billets de sortie ainsi qu’un mécanisme permettant de signaler facilement les éventuelles demandes d’argent liées aux services administratifs.

Ils souhaitent également que les autorités compétentes se penchent sur la présence de barrières sur les voies empruntées par les réfugiés et vérifient les accusations de paiements exigés aux personnes souhaitant circuler.

Les autorités compétentes et l’ONPRA n’ont pas encore publiquement réagi à ces accusations.

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Photo : une partie du camp de réfugiés de Bwagiriza, dans la commune de Ruyigi, province de Buhumuza, à l’est du Burundi, où des réfugiés dénoncent des difficultés dans l’obtention des billets de sortie et des demandes d’argent présumées pour accéder à certains services, en août 2026. ©SOS Médias Burundi

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