Bugendana : un jeune tué par balle, un chef de poste arrêté – deux drames qui secouent Gitega
SOS Médias Burundi
Gitega, 25 août 2026 — Deux personnes ont perdu la vie ces derniers jours dans la commune de Bugendana, en province de Gitega, dans des circonstances qui suscitent de vives réactions au sein de la population. Désiré Nshimirimana, 25 ans, a été tué par balle lors d’une intervention policière sur la colline Gaterama, tandis qu’Isaac Habonimana, 39 ans, est décédé après avoir été violemment battu sur la colline Gitongo.
Les faits se sont produits à l’aube du mardi 25 août, sur la colline Gaterama. Selon un témoin cité dans cette affaire, un groupe de policiers lourdement armés s’était rendu au domicile de Joseph Bandora pour procéder à des arrestations dans le cadre d’un conflit foncier.
L’intervention aurait dégénéré lorsque des habitants se sont opposés aux policiers. Au cours de l’affrontement, un policier aurait tiré en direction de Désiré Nshimirimana, l’atteignant à la poitrine. Le jeune homme est mort sur-le-champ, selon les mêmes sources.
Romuald Habonimana, chef de la colline Gaterama, confirme les faits et indique que la tension s’est ensuite propagée dans la localité.
Des habitants ont notamment barré la route Bugendana-Kibimba, interrompant la circulation pendant près de deux heures. La route n’a été rouverte qu’après l’intervention de plusieurs personnes venues de Gitega, la capitale politique.
Le corps de Désiré Nshimirimana a ensuite été transporté à la morgue de l’hôpital de Kibimba, selon le chef de colline.
Six personnes arrêtées
À la suite de ces événements, six personnes ont été interpellées : Duido Nahimana, Venant Ndayisenga, Olivier Nkurunziza, Remy Bigirimana, Édouard Bigirimana et Rénovat Nimbona.
Elles ont été conduites dans les cachots de la police pour les besoins de l’enquête, rapporte Romuald Habonimana.
Sur la colline Gaterama, des habitants demandent l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir les circonstances exactes de la mort du jeune homme. Ils réclament également l’arrestation et la traduction en justice du policier présenté comme étant à l’origine du tir, dans le cadre d’un procès de flagrance.
Un autre décès après une violente agression à Gitongo
Un autre décès avait été enregistré deux jours plus tôt, le dimanche 23 août, sur la colline Gitongo.
Isaac Habonimana, 39 ans, aurait été grièvement battu avant de succomber à ses blessures. Selon Dieudonné Bizimana, chef de la colline Gitongo, la victime avait été accusée de perturber la sécurité dans un bistrot.
Le chef de colline affirme que l’auteur présumé des violences est connu. Il s’agirait de Raphaël Nduwimana, chef du poste de police de Gitongo.
Selon la même source, Raphaël Nduwimana a été arrêté à la suite des faits et conduit dans les cachots de la police à Bugendana.
Les habitants de Gitongo demandent également que le chef de poste soit traduit en justice dans le cadre d’un procès de flagrance.
Des inquiétudes croissantes dans la province de Gitega
Ces deux décès, survenus à quelques jours d’intervalle dans la même commune, alimentent les inquiétudes des habitants de Bugendana, qui réclament que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient établies par la justice.
Depuis le début de l’année, une quatre-vingtaine de cadavres ou de cas d’assassinats ont été signalés dans la province de Gitega, selon un décompte de SOS Médias Burundi.
Ces derniers mois, les évêques catholiques du Burundi ainsi que Fortuné Gaëtan Zongo, rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme au Burundi, ont exprimé des préoccupations concernant la situation des droits humains et la sécurité dans le pays.
Le président Évariste Ndayishimiye s’en est pris publiquement aux évêques catholiques, les accusant notamment de tenir un discours susceptible d’alimenter les inquiétudes et les tensions dans le pays.
À Bugendana, les habitants attendent désormais les résultats des enquêtes afin de déterminer les circonstances exactes de ces deux décès et les éventuelles responsabilités.
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Photo : Des habitants de Gaterama, dans la commune de Bugendana, bloquent la route à l’aide de troncs d’arbres après la mort par balle d’un jeune homme lors d’une intervention policière, le 25 août 2026. © DR/SOS Médias Burundi
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