« Trois semaines pour les tuer tous » : Ndikuriyo lance un défi de mort aux groupes armés

« Trois semaines pour les tuer tous » : Ndikuriyo lance un défi de mort aux groupes armés

SOS Médias Burundi

Burunga, 25 août 2026 — Le secrétaire général du CNDD-FDD, ancienne rébellion hutue devenue le parti au pouvoir au Burundi depuis 2005 à la suite de l’accord d’Arusha d’août 2000, qui a contribué à mettre fin à une décennie de guerre civile, a tenu samedi une conférence de presse au chef-lieu de la province de Burunga, dans le sud du Burundi, sa province natale. Il y a livré un discours particulièrement offensif à l’égard des groupes armés qui menacent, selon lui, de reprendre les armes contre le Burundi.

Révérien Ndikuriyo affirme ne pas être impressionné par ces menaces et lance un défi aux éventuels assaillants : réunir jusqu’à 200 000 combattants armés avant de tenter une offensive contre le Burundi. Selon lui, une telle force serait neutralisée et tuée en moins de trois semaines.

« Qu’ils viennent au lieu de se faire photographier en tenue militaire »

Révérien Ndikuriyo s’en est notamment pris au RED-Tabara et aux FNL (Forces nationales de libération) du général autoproclamé Aloys Nzabampema, deux groupes armés burundais actifs dans la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Le secrétaire général du CNDD-FDD appelle ceux qui affirment vouloir combattre à passer « des paroles aux actes ».

Dans un ton de défi, il affirme qu’il faudrait, selon lui, 200 000 combattants armés pour tenter une nouvelle offensive contre le Burundi.

Il soutient que ces combattants seraient neutralisés et tués en moins de trois semaines, avant que leurs éventuels renforts ne connaissent, selon lui, le même sort.

« Qu’ils viennent au lieu de se faire photographier en tenue militaire », lance-t-il.

Un discours nourri par les affrontements du passé

Pour défendre sa position, le secrétaire général du CNDD-FDD évoque plusieurs épisodes de l’histoire récente du Burundi.

Il cite notamment les années 2012, 2014 et 2015, affirmant que les combattants qui avaient tenté de pénétrer sur le territoire burundais avaient tous été tués.

Ces affirmations sont présentées par Ndikuriyo comme la preuve que les forces burundaises seraient capables de repousser une nouvelle offensive.

Il estime ainsi que les groupes qui menacent aujourd’hui le pays depuis l’étranger devraient cesser les déclarations et les publications sur les réseaux sociaux et venir directement sur le terrain.

Une permanence du CNDD-FDD détruite lors d’une attaque attribuée à des rebelles venus de la RDC, dans la zone de Buringa, en province de Bujumbura, dans l’ouest du Burundi, en février 2024. Son secrétaire général, Révérien Ndikuriyo, a récemment défié les groupes armés, affirmant qu’ils seraient neutralisés en moins de trois semaines s’ils tentaient une nouvelle offensive contre le Burundi. © SOS Médias Burundi

Canada, Europe, États-Unis et RDC dans le viseur

Révérien Ndikuriyo a également évoqué des messages diffusés, selon lui, depuis plusieurs pays, notamment le Canada, la Belgique et d’autres pays européens, les États-Unis ainsi que la République démocratique du Congo.

Pour lui, les photographies en uniforme militaire et les déclarations diffusées depuis l’étranger ne suffisent pas à déclencher une nouvelle guerre.

Il affirme par ailleurs que les forces de sécurité surveillent les zones forestières et frontalières afin de détecter d’éventuelles activités de groupes armés.

La RDC au cœur de la surveillance

Le responsable du parti au pouvoir affirme que cette surveillance s’étend également aux espaces situés de l’autre côté de la frontière, en RDC.

Il évoque notamment les forêts, vallées, zones rocheuses et autres endroits susceptibles de servir de refuges à des combattants.

Selon lui, les groupes armés qui chercheraient à utiliser ces espaces comme bases arrière ne pourraient pas facilement échapper à la surveillance des forces burundaises.

« Erega ni ukwicana » : le passage le plus controversé

Au-delà du défi lancé aux groupes armés, une autre partie du discours attire l’attention : la manière dont Révérien Ndikuriyo évoque le sort des combattants en cas d’affrontement.

En déclarant notamment « erega ni ukwicana », expression pouvant être comprise comme « c’est la guerre, on s’entretue », il présente la confrontation armée sous un angle laissant peu de place, dans ses propos, à l’hypothèse de la capture ou de la détention des combattants.

Cette dimension du discours est particulièrement sensible au regard du droit international humanitaire.

Un combattant capturé, qui se rend ou qui est hors de combat en raison de blessures ou d’une autre cause doit être traité humainement. Le fait d’avoir participé aux hostilités ne permet pas de l’exécuter une fois qu’il est hors de combat.

Un langage de guerre qui inquiète

Les déclarations de Révérien Ndikuriyo interviennent dans un contexte régional déjà marqué par plusieurs conflits armés et par la circulation de groupes armés dans l’est de la RDC.

Le secrétaire général du CNDD-FDD adopte un langage particulièrement dur : défi direct au RED-Tabara et aux FNL, référence aux affrontements passés et promesse de leur neutralisation en cas d’attaque.

Son message est sans ambiguïté : ceux qui menacent le Burundi doivent cesser de parler et venir combattre.

Mais la référence répétée à leur élimination en cas d’affrontement soulève une question plus large sur les limites du langage politique lorsqu’un responsable évoque une éventuelle guerre et le sort de ceux qui y prendraient part.

Dans une région déjà profondément marquée par les violences armées, ce discours de défi vient ainsi raviver les inquiétudes autour du risque d’une nouvelle escalade entre le pouvoir burundais et les groupes armés opérant depuis l’est de la RDC.

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Photo : Révérien Ndikuriyo, secrétaire général du CNDD-FDD, porte une Bible dans sa main droite après son élection à la tête du parti au pouvoir, à Gitega, la capitale politique du Burundi. Il a déclaré, lors d’une conférence de presse à Makamba, qu’il faudrait jusqu’à 200 000 combattants aux groupes armés pour tenter une offensive contre le Burundi, affirmant qu’ils seraient neutralisés en moins de trois semaines. © SOS Médias Burundi

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