Buhumuza : le retour des rapatriés met à nu l’impréparation des autorités dans les écoles

Buhumuza : le retour des rapatriés met à nu l’impréparation des autorités dans les écoles

SOS Médias Burundi

Cankuzo, 26 août 2026 — L’arrivée massive d’élèves burundais rapatriés de Tanzanie risque d’aggraver la pénurie de salles de classe et de bancs-pupitres dans la province de Buhumuza, à l’est du Burundi, à l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027, prévue le 7 septembre prochain. Les communes de Gisagara et Butihinda sont particulièrement concernées, selon l’administration provinciale.

Les enfants issus des familles rapatriées arrivent principalement des camps de Nduta et de Nyarugusu, en Tanzanie. Ces deux camps ont été fermés dans le cadre d’une décision prise par les autorités tanzaniennes en collaboration avec le gouvernement burundais. Les deux pays évoquent notamment l’amélioration de la situation sécuritaire et le retour à la paix au Burundi, malgré les préoccupations persistantes concernant les conditions de réintégration des personnes retournées.

Buhumuza accueille la majorité des rapatriés, selon les informations recueillies par SOS Médias Burundi.

« Ces enfants ont droit à l’éducation, mais nous ne nous étions pas suffisamment préparés à leur arrivée », reconnaît Denise Ndaruhekere, gouverneure de Buhumuza.

Elle explique que cet afflux d’élèves va accentuer la pression sur des infrastructures scolaires déjà insuffisantes. Au cours de l’année scolaire écoulée, la province accusait un déficit de plus de 48 000 bancs-pupitres.

« Aucun enfant ne s’assiéra par terre »

Malgré cette situation, la gouverneure assure qu’aucun élève ne sera contraint de suivre les cours assis à même le sol lors de la prochaine rentrée.

« Aucun enfant ne s’assiéra par terre », rassure Denise Ndaruhekere, évoquant le programme gouvernemental de fabrication de bancs-pupitres actuellement en cours dans la province.

Mais l’arrivée de nouveaux élèves risque de compliquer davantage la situation dans les établissements scolaires, déjà confrontés à un manque de salles de classe et de mobilier.

Les communes de Gisagara et Butihinda, qui accueillent un nombre important de familles rapatriées, figurent parmi les zones où cette pression devrait être particulièrement forte.

Un programme de fabrication des bancs en retard

Le programme gouvernemental de fabrication des bancs-pupitres accuse toutefois du retard, alors que la date prévue pour son achèvement est déjà dépassée.

Selon Denise Ndaruhekere, ce retard s’explique principalement par le manque d’électricité et de carburant nécessaires au fonctionnement des équipements utilisés pour leur fabrication.

Elle assure néanmoins que les travaux seront terminés avant le début de l’année scolaire 2026-2027.

La gouverneure appelle également les personnes chargées de fabriquer les bancs-pupitres à respecter strictement le modèle fixé par les autorités. Les bancs qui ne seront pas conformes devront être adaptés aux normes exigées.

Un déficit qui risque de s’aggraver

Avec l’arrivée de nouveaux élèves rapatriés, le déficit en bancs-pupitres pourrait encore s’accentuer dans les établissements scolaires de Buhumuza.

Le problème ne concerne toutefois pas uniquement le mobilier. L’arrivée de milliers d’enfants supplémentaires pose également la question de la capacité des écoles à absorber ces nouveaux effectifs, alors que certaines infrastructures sont déjà surchargées.

La gouverneure demande au gouvernement de maintenir son soutien à la province afin de résorber définitivement le déficit et d’offrir aux élèves des conditions d’apprentissage adéquates.

Le défi de l’intégration des enfants rapatriés

Pour les enfants ayant vécu plusieurs années en Tanzanie, le retour au Burundi implique également une adaptation à un nouvel environnement scolaire.

Certains sont nés dans les camps ou y ont passé une grande partie de leur enfance. Leur intégration dans le système éducatif burundais constitue donc un défi supplémentaire pour les écoles et les familles.

Les autorités sont ainsi confrontées à une double exigence : accueillir ces enfants dans les établissements scolaires tout en évitant que leur arrivée ne détériore davantage les conditions d’apprentissage des élèves déjà inscrits.

Le retour des réfugiés de Tanzanie intervient alors que les autorités burundaises cherchent à assurer leur réintégration dans les communautés d’origine. Dans la province de Buhumuza, où une grande partie des familles retournées se sont installées, l’éducation apparaît désormais comme l’un des principaux défis de cette réintégration.

À quelques jours de la rentrée scolaire prévue le 7 septembre, les autorités provinciales devront donc accélérer les travaux annoncés pour que les nouveaux élèves puissent être accueillis dans des conditions aussi dignes que possible.

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Photo : Une famille de rapatriés avec ses enfants dans une localité de Buhumuza, en présence d’agents chargés de leur réintégration. Les écoles de la province font face à un déficit de salles de classe et de bancs-pupitres à l’approche de la rentrée scolaire. © SOS Médias Burundi

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