Makamba : deux cadavres mutilés en moins de deux mois, la peur gagne Kayogoro
SOS Médias Burundi
Makamba, 30 août 2026 — La découverte d’un deuxième corps portant des traces de violences près de la paroisse Saint-Joseph en moins de deux mois ravive les inquiétudes dans la zone de Kayogoro.
Un homme a été retrouvé mort tôt jeudi matin dans le quartier Mushasha, en zone Kayogoro, commune de Makamba, province de Burunga, au sud du Burundi. Son corps, découvert dans une plantation d’arbres appartenant à la paroisse catholique Saint-Joseph, présentait des signes de violences particulièrement troublants.
Selon des témoins présents sur les lieux, la victime avait une blessure à la tête et ses parties génitales étaient attachées à l’aide d’une corde.
Un corps découvert dans une plantation de la paroisse
Les premières informations recueillies sur place indiquent que le corps a été aperçu tôt dans la matinée par des passants. La victime, un homme originaire de la zone Dunga, dans la commune de Makamba, gisait dans une plantation d’arbres relevant de la paroisse Saint-Joseph de Mushasha.
Des personnes qui se sont rendues sur les lieux affirment avoir constaté une blessure à la tête, laissant penser que l’homme aurait été violemment frappé avec un objet.
Une corde aurait également été attachée à ses parties génitales.
Un autre élément intrigue les habitants : aucune quantité importante de sang n’aurait été observée à l’endroit où le corps a été retrouvé.
Pour plusieurs témoins, cette absence de sang pourrait laisser penser que la victime aurait été tuée ailleurs avant que son corps ne soit transporté et abandonné dans cette plantation. Cette hypothèse devra toutefois être confirmée ou infirmée par les enquêtes.
Un deuxième cadavre retrouvé dans des circonstances similaires
Cette découverte est d’autant plus préoccupante qu’il s’agit du deuxième corps retrouvé à proximité de la paroisse catholique Saint-Joseph de Mushasha en moins de deux mois.
Selon des habitants vivant aux alentours de la paroisse, les deux victimes présentaient des mutilations au niveau des parties génitales. Cette similitude suscite de nombreuses interrogations et alimente la peur au sein de la population.
« Nous ne comprenons pas ce qui se passe. Deux corps retrouvés presque au même endroit en si peu de temps, avec des mutilations similaires, cela fait peur », confient certains habitants sous couvert d’anonymat.
Kayogoro, une zone déjà marquée par des violences
Cette nouvelle découverte intervient dans un contexte sécuritaire déjà préoccupant dans la zone de Kayogoro, commune de Makamba, province de Burunga.
Lors d’une réunion de sécurité tenue en juillet dernier, l’administrateur communal de Makamba, Prosper Bizimana, avait fait état de plusieurs cas d’homicides dans la région. Il avait notamment indiqué que deux personnes avaient été tuées après avoir été remises en liberté par la justice.
Ces affaires avaient déjà suscité des inquiétudes quant à la capacité des autorités locales à enrayer une série de violences persistantes dans certaines localités de la commune.
Des responsables locaux cités dans certaines accusations
La situation est d’autant plus sensible que, dans certaines affaires récentes, des responsables locaux ont été cités dans des accusations liées à des violences.
Sur la colline Nyentakara, par exemple, un homme avait été tué par des jeunes affiliés aux Imbonerakure, la ligue des jeunes du CNDD-FDD, le parti présidentiel.
Selon des informations rapportées par des habitants, les auteurs présumés auraient par la suite affirmé avoir agi sur instruction d’un responsable de la colline.
Ces accusations, qui nécessitent des enquêtes approfondies afin d’établir les responsabilités individuelles, avaient renforcé le climat de méfiance parmi une partie de la population.
Une population sous le choc
À Mushasha comme dans d’autres localités de la zone de Kayogoro, la découverte de ce nouveau cadavre ravive la peur.
La répétition des crimes, les circonstances particulièrement violentes dans lesquelles certaines victimes sont retrouvées et les similitudes observées entre plusieurs affaires poussent les habitants à réclamer des enquêtes sérieuses et approfondies.
Au-delà de l’identification des auteurs de ce dernier crime, la population attend surtout des autorités judiciaires et administratives qu’elles apportent des réponses sur cette série de violences qui endeuille la région.
La province de Burunga figure par ailleurs parmi les régions du Burundi régulièrement citées dans les rapports d’organisations de défense des droits humains pour le nombre élevé de cas de violences, d’assassinats et de corps sans vie qui y sont signalés. Ces organisations appellent les autorités à renforcer les enquêtes, à établir les responsabilités et à lutter contre l’impunité.
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Photo : Un chauffeur de taxi-moto circule dans une rue du chef-lieu de la province de Burunga, où deux corps ont été découverts en moins de deux mois dans les environs de la paroisse Saint-Joseph de Mushasha, dans la commune de Makamba. © SOS Médias Burundi
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