Burundi : Bruce Sebanza meurt à l’ADB, son directeur général désigné comme déclarant d’un décès maquillé en mort à domicile

Burundi : Bruce Sebanza meurt à l’ADB, son directeur général désigné comme déclarant d’un décès maquillé en mort à domicile

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 20 octobre 2026 — Une attestation administrative affirmant que Bruce Sebanza, cadre de l’Agence de développement du Burundi (ADB), est décédé à domicile, alors que sa mort est survenue dans les locaux de cette institution à Bujumbura, la capitale économique, soulève de nouvelles interrogations. Le document désigne le directeur général de l’ADB, le docteur Révérien Nizigiyimana, comme déclarant du décès. La formulation retenue interpelle d’autant plus que l’adresse de résidence de la victime se trouvait dans un autre quartier de la ville.

Consultée par SOS Médias Burundi, l’attestation porte la signature d’Astère Ndayikeje, chef de zone de Gihosha, dans le nord de Bujumbura. Elle indique que Bruce Sebanza est décédé « à domicile (dans les enceintes de l’A.D.B.) » le 13 octobre 2026. Selon des sources proches du dossier, l’authenticité du document est confirmée.

Or, selon les informations recueillies par SOS Médias Burundi, Bruce Sebanza résidait au numéro 24 de la quatrième avenue, dans le quartier Mutakura, au nord de Bujumbura. Les locaux de l’ADB se trouvent, quant à eux, dans le quartier Mutanga Nord, également situé au nord de la capitale économique. Les deux adresses étant distinctes, la formulation de l’attestation, qui assimile les enceintes de l’ADB au domicile de la victime, soulève des interrogations sur les circonstances dans lesquelles le document a été établi et sur les informations ayant servi à sa rédaction.

Un autre élément retient l’attention : le directeur général de l’ADB, Révérien Nizigiyimana, figure lui-même comme déclarant du décès. Son nom avait déjà été cité dans des témoignages portant sur les événements qui ont précédé la mort de Bruce Sebanza. Cette mention ne constitue pas, à elle seule, une preuve de responsabilité dans le décès, mais elle rend nécessaire un examen rigoureux de son rôle et des informations dont il disposait.

Dans un précédent article, SOS Médias Burundi avait rapporté des témoignages soulevant des questions sur le rôle des responsables présents au moment des faits et sur les circonstances dans lesquelles Bruce Sebanza aurait subi des violences. Ces témoignages, conjugués aux interrogations suscitées par l’attestation, appellent des vérifications judiciaires indépendantes.

Lire notre précédent article : https://www.sosmediasburundi.org/2026/10/18/burundi-la-mort-de-bruce-sebanza-a-ladb-souleve-des-questions-sur-le-role-des-responsables-presents/

L’établissement de cette attestation intervient alors que la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH) a appelé à des investigations afin de faire la lumière sur cette affaire. Le document administratif ne saurait se substituer à une enquête judiciaire destinée à reconstituer les faits, à déterminer les causes exactes du décès et à établir les éventuelles responsabilités.

Les autorités judiciaires sont désormais attendues sur leur capacité à conduire des investigations approfondies, indépendantes et impartiales. Elles devront notamment éclaircir les circonstances de la mort de Bruce Sebanza, vérifier les conditions dans lesquelles l’attestation a été délivrée et entendre les personnes susceptibles d’apporter des éléments utiles à la manifestation de la vérité.

Au-delà de la formulation retenue dans le document, une question centrale demeure : pourquoi les locaux de l’ADB sont-ils présentés comme le lieu de domicile de Bruce Sebanza alors que son adresse de résidence se trouvait à Mutakura, et non à Mutanga Nord ? Seule une enquête rigoureuse permettra d’établir les raisons de cette mention, de vérifier la conformité des informations consignées dans l’attestation et de déterminer les éventuelles responsabilités dans cette affaire.

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Photo : L’attestation de décès de Bruce Sebanza, qui indique un décès « à domicile (dans les enceintes de l’ADB) » et désigne le directeur général de l’institution comme déclarant. © SOS Médias Burundi

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