Kakuma (Kenya) : un incendie ravage un centre de négoce et cause plus de 20 millions de shillings de pertes
SOS Médias Burundi
Kakuma, 7 novembre 2026 — Un violent incendie a réduit en cendres un centre de négoce du camp de réfugiés de Kakuma, au nord-ouest du Kenya, vendredi. Une trentaine de boutiques et de stands ont été entièrement détruits. Les pertes matérielles sont estimées à plus de 20 millions de shillings kényans. L’origine du sinistre reste inconnue et les commerçants touchés redoutent de ne pas bénéficier d’une éventuelle indemnisation.
Le feu s’est déclaré à Kakuma III, zone 1, dans un secteur principalement habité par des réfugiés somaliens.
Selon les premières informations recueillies, une trentaine de boutiques et de stands, pour la plupart construits en bois et en planches, ont été consumés par les flammes. Plusieurs habitations situées dans les blocs 14 et 15, à proximité du marché, ont également été touchées.
La lenteur de l’intervention des sapeurs-pompiers aurait considérablement réduit les chances de sauver les commerces et leurs marchandises. Le bilan des pertes aurait également été aggravé par des actes de pillage. Des individus qui participaient initialement aux tentatives d’extinction du feu auraient profité de la confusion pour emporter des marchandises encore épargnées par les flammes.
Des causes toujours inconnues
Les circonstances exactes du déclenchement de l’incendie restent à déterminer. Plusieurs hypothèses circulent au sein de la communauté.
Certaines sources évoquent l’explosion d’une bouteille de gaz combustible. D’autres mettent en cause les fréquentes coupures d’électricité sur le réseau de Kenya Power, l’entreprise kényane chargée notamment du transport, de la distribution et de la fourniture d’électricité aux consommateurs. Selon ces sources, les interruptions auraient pu contribuer au déclenchement ou à la propagation du feu.
Aucune de ces hypothèses n’a toutefois été officiellement confirmée. Les habitants réclament des investigations approfondies afin d’établir les véritables causes du sinistre.
Les commerçants réfugiés craignent d’être laissés pour compte
Au-delà des pertes matérielles, l’identification des victimes et les perspectives d’indemnisation suscitent de vives inquiétudes.
Le centre de négoce accueillait aussi bien des commerçants réfugiés que des ressortissants kényans issus de la communauté d’accueil. Alors que l’administration locale a entrepris de recenser les victimes kényanes, les commerçants réfugiés craignent que leurs pertes ne soient pas prises en compte.
Ils demandent au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) de défendre leurs intérêts et de plaider auprès des autorités pour que leurs commerces détruits et leurs marchandises perdues soient également pris en considération.
Pour beaucoup de ces commerçants, les petites activités qu’ils avaient développées constituaient leur principale source de revenus. La destruction de leurs boutiques compromet désormais leur capacité à subvenir aux besoins de leurs familles.
La répétition des incendies alarme les réfugiés
Ce nouveau sinistre intervient dans un contexte marqué par une succession d’incendies dans le camp de Kakuma. Selon plusieurs réfugiés, plus de quatre incendies se sont déclarés depuis le début de l’année. Certains auraient même été qualifiés de criminels par la police.
Face à cette répétition de catastrophes, les habitants réclament des enquêtes approfondies pour établir les circonstances de chaque incendie, identifier d’éventuels responsables et les traduire en justice.
Ils demandent également le renforcement des dispositifs de prévention et des capacités d’intervention des services de secours, afin que ceux-ci puissent agir rapidement en cas de nouvel incendie.
Un secteur économique durement frappé
Le sinistre frappe un secteur essentiel à la vie économique de Kakuma. Le camp accueille plus de 200 000 réfugiés, dont plus de 6 000 Burundais. Le commerce figure parmi les principales activités génératrices de revenus pour les réfugiés et les membres de la communauté d’accueil.
La destruction de dizaines de boutiques et de stands ne représente pas seulement une perte de marchandises et d’infrastructures. Elle menace directement les moyens de subsistance de nombreuses familles et fragilise davantage les petits commerçants qui dépendent de ces activités pour vivre.
En attendant les conclusions des éventuelles enquêtes et des décisions concernant l’assistance aux victimes, les commerçants sinistrés restent dans l’incertitude. Pour beaucoup, la priorité est désormais de trouver les moyens de reprendre leurs activités et de reconstruire ce qu’ils ont perdu.
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Photo : Des réfugiés assistent impuissants à l’incendie qui ravage plusieurs commerces au camp de Kakuma, dans le nord-ouest du Kenya. © DR/SOS Médias Burundi
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