Nyarugusu (Tanzanie) : destruction des champs de maïs
Après la destruction des bananeraies, c’est le tour des champs de maïs des réfugiés burundais vivant dans le camp de Nyarugusu, en Tanzanie. Une décision supervisée par la police et l’administration du camp, fortement décriée par les intéressés. (SOS Médias Burundi)
La colère est montée d’un cran chez les Burundais du camp de Nyarugusu. Presque tous les champs de maïs des concernés ont été décimés par des policiers et des jeunes gardiens de la paix, communément appelés “Sungusungu”.
“C’est révoltant. Imaginez des champs de maïs presque prêts à la récolte, d’autres pour lesquels ils ne restent que deux mois, être détruits de la sorte. C’est un crime. Il s’agit d’un acte ignoble qui nous rappelle les mauvais traitements que nous avons subis dans notre pays et qui ont causé notre fuite. En détruisant nos champs ils veulent nous signifier qu’ils peuvent aussi bien nous couper les têtes”, ont-ils réagi.
Des réfugiés burundais ont risqué leur vie en essayant de s’opposer à la destruction de leurs champs, apprend-on des sources sur place.
“Plusieurs femmes se sont allongées dans leurs champs pour essayer d’empêcher leur destruction, en vain. Elles ont été menacées de « périr comme leurs cultures « ou d’être poursuivies pour s’être opposées à la décision du gouvernement », témoignent des réfugiés.
En décembre dernier, des champs de bananes avaient été détruits dans les camps de Nduta et de Nyarugusu, en Tanzanie.
Des associations de défense des droits de réfugiés alertent sur cette situation et parlent de crime contre l’humanité. Elles comptent saisir l’ONU pour arrêter ce qu’elles qualifient “d’actes de forcing au rapatriement volontaire déguisé”.
La Tanzanie abrite plus de 125 mille réfugiés burundais.
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Photo d’archives : un enfant regarde un jeune gardien de la paix en train de couper un bananier, en janvier dernier
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