Covid-19 : Le Rwanda, la Tanzanie et l’Ouganda ont interdit des entrées/sorties dans les camps de réfugiés
Les ministères en charge des réfugiés dans ces trois pays ont pris plusieurs mesures pour contrecarrer le coronavirus dans les camps de réfugiés dont ceux des Burundais. Ils ont suspendu des va-et-vient dans les camps, ils ont exigé la fermeture des églises, écoles et autres rassemblements dans des lieux publics pour limiter les dégâts qui pourraient être causés par cette pandémie de Covid-19. (SOS Médias Burundi)
La propagation de la pandémie déjà déclarée dans le pays des mille collines. Là, Kigali a pris le devant. Le ministère en charge des réfugiés recommande aux réfugiés installés dans six camps d’observer strictement des mesures d’hygiène comme indiquées par le ministère de la santé. Le pays a un objectif d’empêcher la propagation de cette maladie déjà déclaré dans ce pays.
Pour y arriver, plusieurs décisions ont été prises dont l’interdiction d’entrer et de sortir dans les camps temporellement. Plusieurs points de lavage de mains ont été installés.
“Personne n’est autorisée à sortir du camp sauf en cas de force majeure et les visites sont interdites. Des églises, des écoles, des mosquées ainsi que des lieux de loisirs et de divertissement sont fermés temporairement. Plusieurs points de lavage des mains installés à l’entrée des camps, des centres de santé et des marchés. La distribution des vivres doit se faire une fois la semaine”, a déclaré Kayumba Rugina Olivier, secrétaire permanent au ministère rwandais en charge des réfugiés sur la Radio TV nationale.
Toutefois, cet officiel a souligné que le Rwanda n’a pas arrêté de recevoir des demandeurs d’asile.
C’est au moment où le camp de réfugiés burundais de Mahama et les camps de transit accueillent en moyenne 200 Burundais demandeurs d’asile par mois. Ils proviennent en grande partie des provinces du nord du Burundi.
Guhera ku wa gatanu tariki ya 20 Werurwe, hazahagarikwa ingendo z’indege ziva cyangwa ziza mu Rwanda-harimo na RwandAir-zinyuze ku Kibuga Mpuzamahanga cya Kigali. Ibi bizamara iminsi 30 ishobora kongerwa. Indege zitwara imizigo n’izikora ibikorwa by’ubutabazi zizakomeza gukora. https://t.co/dJ8gCC1RRr
— Ministry of Health (@RwandaHealth) March 18, 2020
“Nous n’avons jamais cessé d’assister à ceux qui demandent refuge dans notre pays. Mais pour le moment, ils doivent se conformer et suivre les règles d’hygiène déjà mises en place sur les frontières où ils sont soigneusement testés au Covid-19”, a-t-il ajouté.
Dans ces camps, les réfugiés se lamentent qu’ils accusent un manque criant du matériel d’hygiène.
Cette inquiétude n’est plus de mise. “Nous avons recommandé aux services d’hygiène d’assurer une distribution permanente de l’eau et des savons dans les camps. Plusieurs agents de la santé communautaire circulent aussi dans différents quartiers pour la sensibilisation quotidienne contre le coronavirus” a renchéri Kayumba Rugina Olivier.
De telles mesures de garde ont été aussi soumises aux réfugiés burundais des trois camps en Tanzanie.
“Depuis ce mercredi, les écoles et d’autres lieux de rassemblement comme les marchés sont fermés à Nduta, Mtendeli et Nyarugusu. Il est aussi interdit aux réfugiés de sortir des camps. Les points de lavages des mains sont installés presque partout”, ont dit plusieurs réfugiés dans ces camps.
Kampala n’est pas aussi resté à l’écart.
Le président Ougandais Yoweri Museveni a annoncé mercredi plusieurs mesures et plans de riposte contre la pandémie de Covid-19. C’est notamment la fermeture d’écoles, d’églises et d’autres lieux de rassemblements ainsi que le respect des règles d’hygiène.
The prayers will continue but in homes, God is in all places. Yes, we have been praying together and it has its advantages, but we cannot insist on it in the face of danger. Religious leaders can use radio stations and TVs to continue preaching. #COVID19UG #M7Address pic.twitter.com/u36RQoNWA5
— Yoweri K Museveni (@KagutaMuseveni) March 18, 2020
Le camp de réfugié de Nakivale doit aussi se mettre au diapason, mais avec plusieurs craintes des réfugiés.
“Comment allons-nous faire l’hygiène alors qu’il n’y a même pas de robinet public avec un manque criant d’eau potable, sans parler de savons qui ne sont plus distribués ici”, s’interrogent surtout des réfugiés burundais.
⭕URGENT : Suspension de la délivrance des visas suite à la pandémie de #coronavirus. Les frontières avec ses voisins restent ouvertes. Annonce faite ce jeudi dans une réunion des ministres de la santé, de la diplomatie avec les ambassadeurs et représentants des organisations Int pic.twitter.com/jtedbyZMyt
— SOS Médias Burundi (@SOSMediasBDI) March 19, 2020
Dans ces trois pays, des réfugiés partagent une même préoccupation, celle de la survie.
“Nous vivons en fait du jour au jour et nous devons aller travailler dans des champs des communautés d’accueil pour survivre car les vivres qu’on nous donne ici ne peuvent pas couvrir tout un mois. Nous avions aussi des champs des légumes plantées à l’extérieur du camp, donc nous n’allons pas pouvoir les récolter ou les irriguer. Même si ce sont de bonnes mesures, elles sont contraignantes en quelque sorte”, laissent-ils entendre surtout en Tanzanie et en Ouganda.
Le Rwanda et la Tanzanie enregistrent déjà 16 cas de coronavirus confirmés par les ministres de la santé. Aucun cas déclaré en Ouganda.
L’Agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR) avait rappelé l’urgence de protéger les populations vulnérables et d’inclure les réfugiés dans les plans de réponse contre la pandémie de Covid-19.
“Le HCR plaide pour que les réfugiés et les demandeurs d’asile, ainsi que les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, soient inclus dans les plans nationaux de veille, de préparation et de réponse”, a déclaré Cécile Pouilly, porte-parole du HCR lors d’un entretien avec ONU Info.
Le HCR a déjà confirmé 10 cas de coronavirus parmi les réfugiés en Allemagne et a suspendu provisoirement ses vols de réinstallation.
Sachant que les chiffres changent chaque seconde, le monde compte plus de 226.500 cas infectés et plus de 9200 morts.
