Giheta : plus de 500 familles de déplacés internes menacées de quitter leur site
Les déplacés internes, tous de l’ethnie Tutsi du site des déplacés de Ryanyoni dans la zone de Kabanga en commune de Giheta (province de Gitega , centre du Burundi) sont menacés de quitter le site . Des Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD, le parti présidentiel) sont chargés d’intimider ces rescapés des massacres de 1993 qui ont visé la minorité Tutsi. (SOS Médias Burundi)
Selon des témoins , depuis plus deux semaines, des Imbonerakure sillonnent le site des déplacés de Ryanyoni pour intimider les occupants.
« Nous vivons la peur au ventre.Des Imbonerakure sont passés dans le site, ménage par ménage pour un recensement sans savoir qui les a mandatés. Certains d’entre eux n’hésite pas à procéder à des intimidations à travers des messages de haine ethnique », disent des déplacés Tutsis.
Selon nos informations, le prétexte évoqué pour chasser les déplacés du site serait la construction d’un site touristique.
Cette information est confirmée par Rebecca Hatungimana, une des représentants des déplacés du site de Ryanyoni. Elle dit ne pas comprendre comment le gouvernement veut « nous chasser de cet endroit alors qu’il existe d’autres grands espaces domanials qui peuvent servir de terrains s’il s’agit de construire des infrastructures d’intérêt public ».
Des déplacés estiment que la situation socio -politique n’est pas au beau fixe pour que les déplacés de guerre de 1993 regagnent leur colline d’origine alors que depuis la crise de 2015 (déclenchée par un autre mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza) , « des cadavres ne cessent d’être découverts dans les rivières et brousses ».
Ce n’est pas la première fois que des autorités administratives cherchent à faire rentrer sur les collines d’origine les déplacés de Ryanyoni. En 2012, l’ancien gouverneur de province avait tenté de chasser les occupants du site de Ryanyoni, sans succès.
Le chef de zone de Kabanga où se trouve le site , Émile Bizimana confirme qu’un recensement fait par des Imbonerakure a bel et bien eu lieu dans le site.
« Une centaine de familles devront quitter cet endroit pour y construire un site touristique », dit-il.
En 1993, à la suite de l’assassinat du premier président Hutu démocratiquement élu Melchior Ndadaye, plusieurs camps de déplacés de déplacés ont vu le jour. Les occupants sont des rescapés Tutsis. Cela fait plus de quatre ans que les autorités burundaises cherchent à les fermer disant que « ces déplacés ne peuvent plus brandir l’insécurité sur leur colline comme prétexte de rester dans les camps ».
Des associations qui militent pour les intérêts de la minorité Tutsi ou contre le génocide parlent d’acharnement qui ne peut en aucun cas « favoriser la réconciliation entre Burundais ».
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Photo : la province de Gitega
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