Cibitoke : le gouverneur interdit la vente de maïs en dehors de la province
L’autorité provinciale de Cibitoke (nord-ouest du Burundi) a pris une mesure décriée par les habitants. Elle interdit toute vente de maïs en dehors de la province.Les agriculteurs dénoncent une mesure injuste qui leur prive la liberté de gestion de leur récolte.L’association burundaise des consommateurs quant à elle trouve illégale la mesure et demande qu’elle soit levée. (SOS Médias Burundi)
Selon le gouverneur Carême Bizoza, la mesure a été prise lors d’une réunion de sécurité.
« On a constaté qu’il y a un phénomène de vol de maïs dans les champs. Et puis, on a eu un rapport démontrant qu’une grande quantité de la récolte est acheminée vers d’autres provinces […], On vient donc de décider l’interdiction de vente de maïs en dehors de notre province », a décidé l’autorité provinciale de Cibitoke qui promet de sanctions sévères à l’endroit des récalcitrants.
En plus, la pratique de vente du maïs grillé est interdite « dans le souci de préserver l’hygiène ».
Les agriculteurs quant à eux dénoncent une mesure injuste.
« C’est injuste de nous priver la liberté de gestion de notre récolte. Et puis, certains d’entre nous faisons le petit commerce de vente du maïs grillé. Nous contractons de petits crédits dans des microfinances pour ça. On doit nous laisser travailler pour recouvrir la dette », ont-ils réagi avec détresse.
L’association burundaise des consommateurs (ABUCO) trouve que la mesure est injuste et qu’elle devrait être annulée. Elle indique être au courant de plaintes des cultivateurs qui gardent un mauvais souvenir sur l’achat du maïs par le gouvernement, à un prix dérisoire.
« L’an dernier, le prix du maïs a été fixé à 680 francs burundais le kg. Et il est revenu sur le marché à 2500 francs burundais. Les cultivateurs sont sidérés par cette perte. Ils devraient donc avoir la liberté de gérer leur récolte et de la vendre là où ils ont un léger mieux », trouve l’ABUCO.
Le gouverneur ne fléchit pas, il instruit à l’administration à la base et la police de « punir sérieusement les récalcitrants ».
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Photo d’illustration : deux Burundaises rentrent d’un marché local où se vend le maïs, crédit photo : Jean Pierre Aimé Harerimana
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