Rwanda-Génocide : l’heure à la lutte contre le négationnisme

Rwanda-Génocide : l’heure à la lutte contre le négationnisme

Début ce vendredi d’une semaine de deuil national pour la 29e commémoration du Génocide commis contre les Tutsi en 1994. Le moment pour le Rwanda et l’ONU de lutter contre le négationnisme de cette tragédie qui a emporté plus d’un million de la minorité Tutsi en trois mois au pays des milles collines. (SOS Médias Burundi)

C’est devenu une culture, mais pas comme les autres, chaque année depuis 1994, le 7 avril marque le début du deuil national pour honorer la mémoire de plus d’un million de Tutsi et quelques Hutu modérés péris dans le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

Les célébrations du deuil national ont été lancées par le couple présidentiel qui a allumé un flambeau au site mémorial de Kigali où reposent plus de 250.000 personnes tuées à Kigali et ses environs. Cette flamme symbolise l’espoir d’après le président de la République Paul Kagame, qui était à la tête du FPR-Inkotanyi, cette rébellion Tutsi qui a mis fin au génocide en juillet 1994.

Vingt-neuf ans après, le pays est presque totalement réconcilié et s’est tourné vers le développement inclusif sans distinction aucune, a déclaré M.Kagame, soulignant que « la lutte contre le négationnisme du génocide est un chantier lourd que tous les Rwandais et surtout les rescapés et survivants doivent construire ».

Ce défi est une idéologie répandue par les génocidaires ou leurs descendants, surtout en Europe et en Amérique.

Paul Kagame appelle à la mobilisation internationale contre les négationnistes.
Du pain sur la planche, du moins chez la diaspora rwandaise en occident ainsi que des organisations de lutte contre le génocide.

L’association des survivants « Ibuka » souligne qu’elle est engagée sur ce chantier et appelle la jeunesse à user de sa connaissance pour « lutter contre le fléau sur les réseaux sociaux ».

Le 7 avril est dédiée par les Nations -Unies comme Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994.

Pour la 29ème commémoration, l’ONU, accusée par le Rwanda d’être restée indifférente en 1994, se joint aux Rwandais pour marquer sa commémoration.

Le président Kagame et la première Dame Jeannette Kagame s’inclinent devant le mémorial du génocide à Kigali, le 7 avril 2023, crédit Photo Igihe

Le patron des Nations-Unies, António Guterres a livré son discours et n’a pas manqué de pointer du doigt « la faillite de la communauté internationale face à cette tragédie ».

« Nous rendons hommage aux victimes innocentes du génocide contre les Tutsis, qui ont péri durant 100 jours d’horreur, sous le silence coupable et complice de la communauté internationale. Je salue la résilience des survivants, qui ont su choisir la voie de l’unité et de la réconciliation pour reconstruire leur pays après le génocide de 1994 », a-t-il annoncé.

« Nous nous rappelons, remplis de honte, d’échec de la communauté internationale. La commémoration de cette journée est une occasion qui permet de rappeler l’importance de ne pas oublier les atrocités du passé et de prendre des mesures concrètes pour prévenir de telles tragédies à l’avenir. Chacun des membres de l’ONU doit considérer la prévention et la lutte contre les génocides comme un devoir fondamental. Construisons la paix, la dignité et les droits humains pour tous », conclut-il.

Officiellement, le deuil national dure une semaine. Mais les activités commémoratives vont jusqu’au 4 juillet, jour où le pays a été sauvé du gouffre par le FPR-Inkotanyi.

Les activités et chansons de loisir sont interdites dans les lieux publics durant cette période.

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Photo : le président Kagame et son épouse allument un flambeau au mémorial de Kigali situé à Gisozi pour lancer la semaine de deuil, crédit Photo Igihe

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