Burundi : il faut de la prudence dans l’envoi de filles en Arabie Saoudite, dixit la Première dame

Burundi : il faut de la prudence dans l’envoi de filles en Arabie Saoudite, dixit la Première dame

L’épouse du président burundais déplore entre autres les abandons scolaires observés chez des jeunes filles qui quittent la terre natale à la quête du travail vers les pays arabes. Angeline Ndayishimiye a recommandé aux associations chargées du recrutement de s’assurer des bonnes conditions dans le processus d’acheminement des filles vers ces pays. C’est une déclaration faite sur la frontière Gasenyi -Nemba, de retour de la conférence internationale « Women deliver édition 2023 » ouverte à Kigali le lundi 17 juillet. (SOS Médias Burundi)

La Première dame a indiqué que personne ne peut parler des droits des femmes en ignorant ceux des jeunes filles.

Elle est ainsi revenue sur le cas des femmes et des filles qui ont été envoyées en Arabie Saoudite pour des travaux domestiques.

« J’ai été dernièrement interpellée par une vidéo de filles qui criaient au secours. Je les ai vues allongées à même le sol à cinq. C’est pourquoi je demanderais à ces organisations responsables de faire attention avant de les envoyer là bas » , a insisté d’un ton ferme Angeline Ndayishimiye.

Pour elle, les parents aussi doivent rester vigilants et éviter d’encourager leurs enfants à quitter l’école pour aller chercher de l’argent. « Si toutes ces filles vont à la recherche du travail et abandonnent l’école, quel sera le futur du pays? Nous avons besoin de femmes intelligentes, instruites, pour le développement du pays », a-t-elle ajouté.

Et de conclure: « Moi, en tant que mère, je demanderais à toutes ces personnes concernées de faire des investigations pour être sûres de ce qui les attend de l’autre côté. Défendons leurs droits et agissons avant qu’il ne soit trop tard. »

En fin de semaine dernière, Inès Sonia Niyubahwe, porte-parole du ministère des Relations extérieures, avait démenti les malheurs décriés par les filles dans la vidéo, affirmant que « l’ambassade a envoyé une délégation sur les lieux d’accueil des filles, la délégation a dit qu’il n’y a pas de problème’’.

Inès Sonia Niyubahwe a appelé ces filles envoyées travailler dans les pays arabes « à plutôt rester calmes et dignes et attendre d’être affectées pour un travail dans les prochains jours ».

Le déploiement des premières femmes et filles en quête de travail vers l’Arabie Saoudite a été officiellement lancé le 19 mai 2023. Au total, plus de 800 filles ont jusqu’ici été envoyées dans le cadre d’une convention signée entre le Burundi et l’Arabie Saoudite, comme l’a précisé la porte-parole du ministère en charge des affaires étrangères.

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Photo d’archives : une Burundaise arrive à l’aéroport de Bujumbura à bord d’un bus avant de prendre un vol qui l’emmène en Arabie Saoudite, le 17 mai 2023

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