Nakivale (Ouganda) : vers un financement de projets des réfugiés
L’agence de développement et de coopération américaine (USAID) mène une enquête au camp de Nakivale en Ouganda. Il est question de rencontrer dans un premier temps des partenaires humanitaires au camp de Nakivale, puis des représentants des réfugiés et, ensuite, des réfugiés classés en trois catégories. L’objectif étant d’écouter les réfugiés et de stimuler leurs projets pour leur autosuffisance. Mais la proposition de l’USAID ne fait pas l’unanimité des réfugiés. (SOS Médias Burundi)
La première catégorie est constituée par les réfugiés considérés comme plus vulnérables recevant une somme de 24.000 Shillings Ougandais (6 USD) par mois, la seconde catégorie percevant 12.000 Shillings Ougandais (3 USD) par mois et le dernier groupe étant des réfugiés qui ne reçoivent rien comme assistance monétaire.
« L’objectif de la mission est de s’enquérir des conditions de vie de tous les réfugiés, évaluer le degré de vulnérabilité et faire un suivi sur les dons que nous accordons à nos partenaires essentiellement le PAM (Programme Alimentaire Mondial) », ont expliqué des responsables de l’agence qui s’étaient rendus au camp de Nakivale.
Selon des réfugiés, les doléances sont nombreuses et variées.
« Ceux qui reçoivent des assistances monétaires expliquent qu’elle est tellement insuffisante qu’elle ne peut même pas durer une semaine. Et ceux qui ne reçoivent rien accusent le PAM et le HCR de pratiquer la discrimination et de leur infliger une mort douce « , témoignent des réfugiés.
Cette démarche de l’USAID ne fait pas l’unanimité, selon d’autres réfugiés.
« Ces Américains ont insisté que les financements ont tari et que les réfugiés doivent faire des activités génératrices de revenus qui seront financées. Ils sont aussi encouragés de travailler dans des coopératives et proposer des projets à soutenir et ainsi trouver des solutions durables à tout le monde », indiquent des réfugiés qui se montrent désespérés.
Et d’ajouter : « nous ne croyons pas à leurs dires car ici au camp cela fait des années et des années qu’on nous raconte toujours la même chose : coopératives, projets. On en a fait des centaines. Mais toujours pas de financement. Nous soupçonnons aussi que le budget réservé aux projets est toujours détourné car les gens de l’USAID ont précisé qu’ils ne savaient pas que nous avions déjà proposé des projets qui ne sont pas financés ».
L’USAID a promis de faire un suivi et une enquête sur » une somme de 33.000 USD qui avait été débloquée pour de tels projets il y a sept mois au camp de Nakivale mais qui n’a pas servi à cet effet ».
Les potentiels bénéficiaires s’en réjouissent mais craignent des représailles pour ceux qui ont dénoncé une possible malversation des assistances réservées aux réfugiés.
Le camp de Nakivale compte plus de 140.000 réfugiés dont plus de 33 mille Burundais.
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Photo : une pancarte indiquant le camp des réfugiés de Nakivale
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