Malawi : vers la délocalisation du camp de Dzaleka

Malawi : vers la délocalisation du camp de Dzaleka

Une réunion de haut niveau entre le HCR et le gouvernement du Malawi s’est tenue pour prendre des mesures concrètes concernant la relocalisation des réfugiés du camp de Dzaleka. Les réfugiés de ce camp seront transférés au camp de Lowani situé dans le district de Neno, dans le sud du pays. (SOS Médias Burundi)

La session qui s’est tenue la semaine dernière n’avait qu’un seul point à l’ordre du jour, selon des sources bien informées : le transfert des réfugiés du camp de Dzaleka vers celui de Lowani.

Le gouvernement du Malawi et le HCR ont déclaré que la zone de Dzaleka est devenue très petite et que la capacité d’accueil est largement dépassée.

« Le lieu ne peut accueillir que 10 mille personnes mais il y a actuellement plus de 50 mille réfugiés. Par conséquent, les réfugiés doivent quitter ce camp et se rendre à Lowani, où se trouve une vaste zone pouvant héberger de nombreuses personnes et qui est deux fois plus grande que Dzaleka », ont suggéré les responsables administratif et humanitaire.

Le camp de Lowani, le prochain lieu d’accueil est déjà bien équipé.

« La zone est déjà bien préparée, il y a de l’eau, l’hôpital et la police. Il y a aussi une école primaire avec 22 salles de classe. Il y a une grande rivière qui a beaucoup d’eau et il y a une zone de champs où les gens peuvent cultiver pour pouvoir se nourrir », ont-ils rassuré.

Le camp de Lowani n’est pas nouveau. Il avait été fermé en 2007. Il contenait essentiellement des réfugiés somaliens et éthiopiens.

A Dzaleka, les inquiétudes sont plus nombreuses.

« Ici, on était déjà bien installé, on a des champs, des boutiques et on vit bien avec les communautés environnantes. À Lowani, on va tout recommencer à zéro. Au moins, qu’ils nous donnent le temps de récolter nos champs », disent des réfugiés joints par SOS Médias Burundi.

« A notre connaissance, la région où se trouve le nouveau camp de Lowani est très chaude, nous craignons des maladies comme la malaria, et puis il sera difficile pour y cultiver dans ces conditions de température extrême », ajoutent-ils.

D’autres se résignent, sachant qu’ils ne peuvent rien changer.

« Nous savons qu’une fois que le gouvernement du Malawi a prévu quelque chose, cela ne s’arrête pas. Vous êtes venus ici pour demander notre avis et nous donner des informations mais vous avez déjà tout décidé. Nous ne sommes pas chez nous, nous ne pouvons rien changer. Faites ce que vous voulez », ont indiqué certains réfugiés le week-end dernier lors d’une réunion d’information au camp de Dzaleka.

Si rien ne change, le camp sera fermé avant la fin de cette année comme les maisons sont déjà en construction au nouveau camp de Lowani. Dzaleka héberge plus de 11 mille Burundais.

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Photo : une pancarte indiquant le camp de réfugiés de Dzaleka au Malawi

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