Uvira (DRC) : des Congolais se plaignent que le marché du travail est envahi par des Burundais
Des Congolais qui travaillent dans le bâtiment, le commerce, des conducteurs de motos, de taxis-vélos, des coiffeurs, des restaurateurs, des travailleurs de maison, ou encore des agents de transfert d’argent, disent que la majorité des Burundais vont à Uvira pour s’accaparer de ces secteurs. C’est dans la province du Sud-Kivu à l’est de la RDC. (SOS Médias Burundi)
Shoshi est un Congolais, il est dans la construction. Selon lui, presque toutes les maisons d’Uvira sont actuellement construites par les Burundais « car ils demandent moins d’argent que nous ».
Paul lui est motocycliste. Il estime qu’à Uvira, il y a plus d’un millier de motards burundais.
Face à l’afflux d’un grand nombre de Burundais qui viennent chercher du travail au Congo, la société civile s’inquiète. Pour elle, ils s’accaparent du travail des Congolais et cela risque de créer de l’insécurité. Récemment, ses représentants dans la région ont organisé une manifestation anti-Burundais.
Mafikiri Mashimango, le coordinateur de la Nouvelle société civile congolaise, devant les commerçants et le maire de la ville d’Uvira, a déclaré que la raison pour laquelle ils ont protesté était le grand nombre de Burundais qui continuent d’entrer au Congo et faire des affaires dans le pays par des moyens illégaux.
« Les petits commerçants ont du mal à vendre, et cette situation a un impact négatif sur la sécurité de la ville d’Uvira. C’est pourquoi nous avons protesté face au maire de la ville car il n’y a aucune loi qui autorise à un étranger d’être vendeur ambulant. Ils devraient installer ces commerçants burundais au marché de Kilomoni (Kavimvira-frontière)».
Selon certains commerçants congolais, l’afflux massif de commerçants burundais à Uvira a fait chuter leurs ventes. Ainsi, payer les impôts et taxes ainsi que le loyer des stands et maisons de commerce est devenu problématique.
Des commerçants burundais se rendent en effet chaque jour dans la ville d’Uvira pour vendre de l’eau, du lait, des légumes, des chaussures, des vêtements, de la viande, des boissons et d’autres produits.

Selon ces Burundais qui viennent en grand nombre faire des affaires au Congo, c’est un bon marché car leurs produits s’écoulent facilement dans ce pays.
Uwimana, une femme de 40 ans rencontrée au centre commercial Mulongwe, vend de l’eau. Elle dit que des Congolais vendent aussi leurs marchandises au Burundi sans problème.
«Nous avons aussi le droit de vendre nos produits au Congo car nous sommes dans la même communauté de C. E.P.G.L* », se défend-elle.
Même si les Burundais viennent en grand nombre chercher du travail au Congo, ils disent qu’ils sont persécutés par les forces de l’ordre qui les traitent de voleurs, de rebelles et de sans papiers.
Le maire d’Uvira, Kiza Muhato a déclaré qu’il compte former un comité de commerçants pour étudier les modalités de réouverture du marché de Kilomoni où les commerçants ambulants burundais pourraient alors aller vendre leurs marchandises, non loin de la frontière avec le Burundi.
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Photo : une commerçante ambulante burundaise à Uvira
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