Burundi : les Burundais sont ingrats (président Ndayishimiye)
Le président burundais Évariste Ndayishimiye a déclaré mercredi que les Burundais sont ingrats, refusant de porter la responsabilité de la pénurie du carburant qu’il qualifie comme « un défi commun ». Dans un message à la nation pour marquer ses quatre années au pouvoir, M. Ndayishimiye a accusé les citoyens burundais de « vouloir avoir tout en même temps ». (SOS Médias Burundi)
Le chef de l’État s’est exprimé en Kirundi seulement, la langue locale dans un message diffusé sur la radio-télévision nationale du Burundi (RTNB) et relayé par les médias locaux. Dans ce discours de quelques 27 minutes, Évariste Ndayishimiye est revenu sur ses promesses électorales qu’il estime avoir accomplies. Il a minimisé les plaintes de ses sujets.
« Ce qui me plaît aujoud’hui c’est que même dans les lamentations les gens disent : nous manquons tel produit mais ils ne disent pas : nous n’avons pas de l’argent pour s’en procurer et ce produit qu’ils manquent n’est pas local, il est importé », a-t-il annoncé.
Et d’accuser : »Aujourd’hui, chaque Burundais veut avoir tout en même temps. C’est pourquoi l’on peut dire que les Burundais sont ingrats ».
Selon le chef de l’État burundais, les Burundais sont en train de construire de bonnes maisons, portent de beaux vêtements et mangent à satiété.
« Ceux qui sont dans la plénitude avec de l’argent en poche, ils aspirent à vivre comme des princes en ayant recours à des moyens de déplacement exigeant du carburant, ils veulent boire la bière industrielle et manger des aliments importés pour montrer qu’ils sont civilisés et développés », s’est moqué de ses sujets le président Neva.
Fuir les responsabilités
D’après le président Ndayishimiye, il y a des gens qui font tout pour chercher un moyen de soulever la population contre les institutions.
« C’est vrai qu’il y a des plaintes ici et là mais ce qui est bien c’est que nous partageons l’amertume. Cette vie meilleure à laquelle nous aspirons, moi aussi j’en ai besoin même si je n’arrive pas à l’avoir. Maintenant alors que nous partageons les défis, qu’ils ne nous amènent pas à perdre les valeurs humaines car pour être conscient de la croix qui t’écrase, avant d’accuser les autres, c’est conseillé de voir d’abord la croix qu’ils portent », s’est-il contredit.
Et de s’emporter de plus: »Vous rencontrerez une personne qui vous dit : comment allons-nous sortir de cette pauvreté ? Était-elle riche hier ? Qu’est-ce qui a causé sa faillite ? L’être humain ne peut en aucun cas être satisfait ».
Le président burundais estime avoir hérité un pays plongé dans le gouffre par plusieurs années de crise, ce qui reste un défi majeur pour développer la petite nation de l’Afrique de l’est, d’après ses propos. Selon lui, les fonctionnaires égarés qu’il a chassés ou remerciés « perturbent la sécurité et l’économie ».
Comme son prédécesseur Pierre Nkurunziza qui organisait des croisades pour marquer chaque « victoire », Évariste Ndayishimiye va se rendre à Nyabihanga en province de Mwaro (centre du Burundi) pour « rendre grâce à Dieu » du 20 au 22 juin 2024.
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Photo d’illustration : le président burundais Évariste Ndayishimiye dans une conférence de presse
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