Crise-carburant : vers la résignation de la population burundaise ?
Les lamentations n’ont plus de place au sein de la population burundaise. Aucune solution n’est envisageable pour faire face au manque de carburant qui perdure. Dans la ville commerciale Bujumbura où sont concentrées les agences des Nations-Unies et l’administration centrale, les résidents ont choisi la marche comme alternative depuis plusieurs mois. Ils s’y sont habitués. (SOS Médias Burundi)
Beaucoup sont ceux qui quittent la maison le matin pour y retourner le soir. Auparavant, les files d’attente s’observaient surtout sur les parkings au centre -ville, mais actuellement, la situation se présente également dans les quartiers du nord comme du sud. Des gens peuvent passer plus d’une heure à attendre que les rares bus qui parviennent à trouver du carburant, viennent au secours de passagers qui se rendent au service ou encore à l’école. Il y en a qui finissent par y aller à pieds.
« J’arrive au parking généralement à 5h 45. Si jusqu’à 6h 30 il n’y a pas de bus, on décide de descendre à pieds », dit un élève de la zone Musaga au sud de la capitale économique.

Au centre-ville, avant 10h du matin, l’on s’étonne de voir les bus alignés dans les parkings comme si tout allait bien. Après cette heure-là, les choses commencent à changer.
« Heureusement pour nous, quand on se présente en ville en uniforme scolaire après les cours, on est privilégié. Il y a une rangée réservée aux élèves », semble se réjouir un autre élève.
Certaines personnes ne se lassent pas de passer des heures et des heures sur les rangées dans l’espoir de trouver un moyen de transport quel qu’il soit. Mais d’autres ont déjà mis dans leur tête qu’elles ne vont pas perdre du temps à attendre les bus. Des milliers de résidents préfèrent marcher. Ce sont surtout les habitants des quartiers proches du centre-ville. Ils ne se lamentent plus car ils sont habitués à vivre ainsi.

Paradoxalement, le carburant se vend sur le marché noir mais en cachette. Un bidon de 20 litres coûte entre 250.000 et 350.000 francs burundais .
LIRE AUSSI :
Sur les stations-services, c’est toujours le désert, les pompes ne sont plus en marche – aucun mouvement. Les autorités burundaises préfèrent quant à elles « ne plus mentir » et « ne pas maintenir les Burundais dans un espoir interminable ». Plus personne ne rassure la population qui souffre du manque de carburant depuis bientôt 47 mois, les choses s’étant dégradées au début de cette année, pas même le président-bavard qui avait rassuré que les stocks du Burundi au port de Dar-es-Salaam (Tanzanie) sont pleins d’énormes quantités en carburant mais qu’il manquait des camions pour acheminer cette denrée rare sur le sol de la petite nation de l’Afrique de l’est.
________________________________________________
Photo : des passagers attendent un bus en vain, certains commencent à marcher © SOS Médias Burundi
You might also like
Burundi : les autorités peinent à fournir du carburant mais ne veulent plus de véhicule sur les stations-services
La police burundaise a annoncé jeudi qu’il est désormais interdit de garer son véhicule sur une station-service sans carburant. Elle évoque la facilitation de la circulation sur la voie routière
Rumonge-Makamba : une dizaine de cambistes arrêtés
La police a arrêté en cascade des cambistes dans les provinces de de Makamba et Rumonge (au sud, sud-ouest du Burundi) lundi 29 mai 2023. Selon nos sources, les concernés
Burundi : les activités de pêche ne se sont pas arrêtées sur le lac Tanganyika comme prévu
La pêche se poursuit dans le lac Tanganyika, alors que le lac est sensé être fermé depuis mi-mai. Selon des sources administratives, la mesure de fermeture du lac Tanganyika a
