Burundi : le magazine Yaga Burundi autorisé à reprendre ses activités
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 14 avril 2025 — Après plus de deux semaines de suspension, le magazine en ligne Yaga Burundi est officiellement autorisé à reprendre ses activités. La décision a été annoncée ce lundi par Espérance Ndayizeye, présidente du Conseil National de la Communication (CNC), à l’issue d’une assemblée plénière extraordinaire.
« Après analyse du développement du dossier Yaga Burundi, le conseil réuni en Assemblée plénière extraordinaire du 14 avril 2025 a décidé de lever définitivement la mesure de suspension du magazine Yaga Burundi », a-t-elle déclaré, sans toutefois répondre aux questions des journalistes présents.
Dans une intervention brève, Mme Ndayizeye a salué la « patience des responsables de Yaga Burundi » et a invité le média à « contribuer au développement du Burundi ».
La suspension de Yaga Burundi, décidée le 27 mars dernier, avait provoqué une vague de réactions sur les réseaux sociaux. Aucun motif officiel détaillé n’avait été communiqué, alimentant les spéculations sur une sanction politique. Le magazine, très suivi par la jeunesse burundaise, est reconnu pour son ton libre, ses enquêtes et ses réflexions critiques sur la société burundaise.
Dans une publication sur ses réseaux sociaux, Yaga Burundi a exprimé sa reconnaissance :
« En deux semaines d’interruption, nous avons ressenti, au travers des messages, des appels réconfortants, des tweets que chaque article, chaque vidéo, chaque analyse que nous produisons compte. […] Merci à vous pour votre soutien. Nous vous promettons de faire toujours aussi bien, voire mieux, et de rester fidèles à notre mission aux côtés de la jeunesse burundaise. »
Une décision saluée par les défenseurs de la liberté de la presse
La nouvelle a été accueillie favorablement par des organisations de défense des droits des journalistes qui avaient exprimé leur inquiétude lors de la suspension du média.
« La levée de la suspension de Yaga Burundi est une bonne nouvelle, mais cette mesure n’aurait jamais dû être prise. Nous appelons les autorités burundaises à garantir un environnement durable pour les médias indépendants, sans pression ni censure », a déclaré un représentant d’une de ces organisations.
Dans un paysage médiatique encore fragile, la réouverture de Yaga Burundi est perçue comme une victoire symbolique pour la liberté de la presse au Burundi, même si les défis restent nombreux pour les journalistes burundais.
_______________________________________________________
Photo : un logo du collectif de blogueurs Yaga Burundi qui a été rouvert par le Conseil National de la Communication, l’organe régulateur de la presse au Burundi
You might also like
Classement RSF 2025 : le Burundi poursuit sa chute dans un paysage médiatique africain de plus en plus répressif
Le nouveau classement de Reporters sans frontières confirme une tendance préoccupante : le Burundi perd 17 places et se retrouve au 125e rang mondial. Un recul qui illustre la dégradation
Émission publique : plus de saveur
Les portes parole des institutions étatiques et para étatiques animent une émission publique chaque trimestre. Mais depuis quelques années, l’événement a perdu sa saveur et son bien fondé. (SOS Médias
Burundi : des organisations nationales et internationales exigent la libération de la journaliste Floriane Irangabiye
Amnesty International, CPJ et la Ligue Iteka demandent à la justice burundaise et au gouvernement de libérer la journaliste Floriane Irangabiye. Ces organisations estiment « qu’elle a assez souffert et qu’elle
