Photo de la semaine : des journalistes toujours bloqués à Bujumbura à la veille du scrutin

Photo de la semaine : des journalistes toujours bloqués à Bujumbura à la veille du scrutin

SOS Médias Burundi

À la veille des élections législatives et communales du 5 juin, une scène marquante s’est déroulée à la Maison de la Presse de Bujumbura. Le mercredi 4 juin au soir, plusieurs dizaines de journalistes burundais y étaient encore rassemblés, dans l’attente désespérée d’un moyen de transport ou de quelques litres de carburant. Une image forte, devenue emblématique des obstacles logistiques rencontrés par la presse nationale durant ce processus électoral.

Affectés à des zones parfois éloignées et difficilement accessibles — Rutana, Bukinanyana (province de Cibitoke), ou encore Nyanza-Lac (Makamba) — ces professionnels de l’information n’avaient, à quelques heures du vote, toujours aucun moyen concret de rejoindre le terrain.

« Nous n’avons pas de budget, pas de carburant, et surtout aucune coordination claire », confiait l’un d’eux, visiblement épuisé.

« Il devient pratiquement impossible de rejoindre certaines communes enclavées dans les délais », ajoutait-il.

Si certains, qualifiés de « chanceux », ont pu prendre la route au petit matin, souvent sans sommeil ni préparation, d’autres ont été contraints de renoncer à leur mission, faute de solutions. Cette situation a directement impacté la couverture médiatique du scrutin, notamment dans les zones sensibles ou à risque, comme celles situées aux abords de la réserve naturelle de la Kibira.

Le déploiement tardif des journalistes, combiné à un manque flagrant de moyens, a compromis la capacité des médias à assurer une couverture complète et équilibrée des opérations de vote dans ces régions.

Parmi les rares à avoir bénéficié d’un encadrement minimal figuraient les journalistes intégrés à la synergie des médias, un dispositif collectif mis en place spécifiquement pour ces élections. Pour les autres, l’obtention d’une accréditation spéciale de la CENI s’est révélée longue et décourageante.

Vers 21 heures ce mercredi-là, un membre de la synergie expliquait :

« Les véhicules sont en train de faire le plein. On attend que la situation se débloque pour pouvoir partir. C’est épuisant. »

Face aux difficultés, la majorité des journalistes présents se montraient discrets, préférant ne pas trop évoquer les problèmes logistiques dans leurs échanges, par prudence ou résignation.

La photographie prise ce soir-là, immortalisant un groupe de journalistes dans l’attente, au cœur de la Maison de la Presse, s’impose aujourd’hui comme l’un des clichés les plus éloquents de cette semaine électorale. Elle symbolise le dévouement d’une profession mise à rude épreuve, et les défis persistants pour garantir une information accessible et indépendante, même en période électorale.

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Photo : Des journalistes burundais regroupés à la Maison de la Presse à Bujumbura, mercredi 4 juin 2025, en attente de véhicules pour rejoindre leurs zones d’affectation à la veille du scrutin législatif et communal © SOS Médias Burundi

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