Burundi : « Les législatives de la honte », selon Aimé Magera, opposant en exil
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 12 juin 2025- Opposant burundais en exil et représentant international du parti CNL, Aimé Magera a accordé une réaction exclusive à SOS Médias Burundi après la proclamation des résultats des élections législatives du 5 juin. Il parle de « législatives de la honte », fustige un processus électoral frauduleux et appelle à une refondation politique autour d’Agathon Rwasa.
Aimé Magera rejette catégoriquement les résultats du scrutin, qui ont vu le CNDD-FDD remporter la totalité des sièges à l’Assemblée nationale. Selon lui, cette issue était prévisible et illustre une nouvelle fois « l’autoritarisme assumé » du pouvoir en place.
« Le CNDD-FDD est un mouvement politico-militaire dont les dirigeants n’ont jamais abandonné les réflexes du maquis. Depuis vingt ans, ce pouvoir se maintient par la peur, l’intimidation et la répression », affirme-t-il.
Il déplore que certains Burundais aient longtemps ignoré ces pratiques, pensant qu’elles ne visaient que les anciens militants des Forces nationales de libération (FNL). « Nous avions pourtant mis en garde certains partenaires politiques qui ont choisi d’accompagner cette mascarade électorale. Ils ont préféré fermer les yeux », ajoute-t-il.
Aimé Magera salue la maturité politique des électeurs, soulignant que de nombreuses localités ont observé un boycott massif.
« Le peuple a refusé de cautionner une démocratie de façade. Il a entendu notre appel et a préféré rester chez lui ou vaquer à ses occupations. C’est une réponse forte. »
Il accuse les Imbonerakure, membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD, d’avoir rempli seuls les bureaux de vote.
« Ils ont voté à la place des autres, bourré les urnes. Et pour éviter un nouveau « phénomène Kazihise », Ntahorwamiye a mis près d’une semaine à produire les chiffres de la honte », ironise-t-il.
Ce commentaire fait référence à Pierre Claver Kazihise, ancien président de la CENI, qui avait publié en 2020 des résultats non validés, ensuite retirés du site de la commission, invoquant une erreur de diffusion d’un document encore « draft ».
L’opposant conclut en appelant à un sursaut national :
« La seule issue reste un rassemblement des forces vives du pays autour de l’homme d’État Agathon Rwasa, afin d’exiger une conférence nationale pour redessiner l’avenir du Burundi. »
Rappelons que, selon la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le CNDD-FDD a remporté 100 % des sièges à l’Assemblée nationale.
______________________________________________________
Photo : Aimé Magera, représentant international du parti CNL, qualifie les élections législatives du 5 juin 2025 de « scrutin de la honte » © DR
You might also like
Cibitoke (Mugina) : Isaïe Batumunwa, mobilisateur du CNL enlevé par le SNR
Les responsables du congrès national pour la liberté à Mugina accusent le service national de renseignements (SNR) d’être derrière l’enlèvement d’un de leurs militants. (SOS Médias Burundi) Isaïe Batumunwa, mobilisateur
Burundi : la Présidence sélectionne les journalistes présents à sa prochaine conférence publique du Chef de l’État
À Ngozi (Nord du Burundi), il est prévu une émission publique ce 30 décembre organisée par la présidence de la République du Burundi. Le chef de l’État répondra aux questions
Élections 2020 : Des conditions imposées aux observateurs étrangers
La Commission électorale nationale indépendante-CENI s’est dite ouverte à toute organisation nationale ou étrangère qui souhaite observer le processus électoral de 2020. Pour les étrangers, certaines conditions sont exigées. «Nous
