Gitega : l’alcool, nouveau fléau chez les femmes qui menace la cohésion familiale

Gitega : l’alcool, nouveau fléau chez les femmes qui menace la cohésion familiale

SOS Médias Burundi

Gitega, 27 août 2025 – Dans la province de Gitega, au centre du Burundi, un phénomène inquiétant prend de l’ampleur : la consommation excessive d’alcool chez les femmes, y compris chez des mères enceintes ou allaitantes. Ce fléau social fragilise les couples, alimente la violence domestique et ébranle les fondements mêmes de la famille burundaise.

À Masasu, sur la colline Gishora, la situation est alarmante. Des boissons fortes comme les kicks, la bière de banane et d’autres appelées « Bangala » se retrouvent désormais dans les mains des femmes, parfois très jeunes.

« Nous voyons des mères qui boivent alors qu’elles sont enceintes ou qu’elles allaitent », témoigne Rita Bukuri, administrative à la base à Masasu. Une habitude jugée alarmante, qui compromet à la fois la santé maternelle et celle des nouveau-nés.

Générose Muzihano, habitante de la colline, observe que l’alcool provoque une multiplication des conflits conjugaux. « Beaucoup de femmes s’y adonnent, et cela détruit des familles. » Certaines sont humiliées, d’autres battues, et plusieurs sombrent dans la dépendance, alimentant un cercle vicieux de pauvreté et de tensions domestiques.

Les autorités locales s’inquiètent : « La plupart des conflits que nous tranchons aujourd’hui tournent autour de l’alcool », poursuit Rita Bukuri. « Ce sont surtout les femmes qui en paient le prix, à travers la violence, la marginalisation et la perte de repères familiaux. »

Ce phénomène n’est pas isolé à Gitega. Des cas similaires sont rapportés à Bujumbura, Rumonge et Cibitoke, où l’alcool artisanal se vend à bas prix et sans contrôle sanitaire.

Un lourd tribut sanitaire et économique

La consommation d’alcool chez les femmes enceintes est associée à des fausses couches, des naissances prématurées et des enfants souffrant de malnutrition. « Nous recevons de plus en plus de cas d’enfants fragiles dont les mères étaient dépendantes à l’alcool », alerte une infirmière.

Sur le plan économique, l’argent dépensé dans ces boissons prive les familles de nourriture et d’éducation pour les enfants. Les journées perdues dans l’ivresse entraînent une baisse de productivité, aggravant la pauvreté des ménages.

Dans ce coin de Gishora, le rire des veillées familiales s’efface derrière des cris et des disputes nocturnes. « Il ne se passe presque aucune nuit sans qu’on entende un couple se battre, et la cause, c’est l’alcool », confie une habitante.

Pour les administratifs, ce fléau menace la santé publique et la cohésion sociale, appelant des mesures urgentes pour freiner l’accès des femmes à ces boissons et sensibiliser sur leurs ravages silencieux.

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Photo : Des femmes et des enfants dans la localité de Gishora, province de Gitega, où la consommation de boissons alcoolisées fortes prend de l’ampleur © SOS Médias Burundi

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