RDC : tensions et rapatriements de réfugiés sous le regard du M23 dans l’Est du pays

RDC : tensions et rapatriements de réfugiés sous le regard du M23 dans l’Est du pays

SOS Médias Burundi

Goma, 27 août 2025- Le territoire de Rutshuru dans le Nord-Kivu et la ville de Goma, capitale de la province, connaissent de nouvelles tensions liées aux opérations du groupe armé M23. Cette ancienne rébellion tutsi, ayant repris les armes fin 2021 pour dénoncer le non-respect par les autorités congolaises de ses engagements de réinsertion, est affiliée à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), mouvement politico-militaire hostile à Kinshasa. Le M23 assure cibler uniquement les FDLR (Forces de libération du Rwanda), où se trouvent encore certains génocidaires rwandais impliqués dans le massacre des Tutsis en 1994.

Lundi 25 août 2025, 533 réfugiés rwandais ont été rapatriés de Goma à Rubavu (Rwanda) via le poste frontalier de la Grande Barrière. Selon le HCR, ces retours s’inscrivent dans le cadre d’un processus volontaire, et 4 245 réfugiés ont déjà regagné le Rwanda depuis janvier 2025.

Cependant, des sources locales rapportent que certains rapatriements pourraient se faire sous pression, évoquant intimidations et contraintes logistiques. Le M23 dément ces allégations, affirmant que ses opérations visent exclusivement les forces armées hostiles et qu’aucun civil ou réfugié rwandais n’est ciblé.

Parallèlement, une enquête de Human Rights Watch, publiée le 20 août 2025, accuse le M23 d’avoir commis des exécutions sommaires en juillet dernier dans 14 villages autour du parc des Virunga, dans le territoire de Rutshuru. Le M23 a rejeté ces accusations, dénonçant un rapport « mensonger et non vérifié sur le terrain ».

Entre Kinshasa et Kigali, les tensions persistent autour du rôle présumé du Rwanda dans le soutien au M23. Les autorités congolaises dénoncent l’implication rwandaise, tandis que Kigali réfute toute aide militaire directe au groupe rebelle.

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Photo : Des rapatriés avec leurs enfants dans les bras à la frontière entre Goma (RDC) et Gisenyi (Rwanda), avant leur transfert vers un site de transit, le 19 mai 2025 © SOS Médias Burundi

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