Bujumbura : le Premier ministre exige des résultats des entreprises publiques malgré les maigres investissements de l’État
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 24 septembre 2025- Réunis ce mardi à Bujumbura, la capitale économique où sont concentrées les agences des Nations-Unies et l’administration centrale, les responsables des sociétés publiques et parapubliques ont été sévèrement interpellés par le Premier ministre Nestor Ntahontuye. L’État, qui détient des actions dans certaines institutions comme la Banque Commerciale du Burundi (Bancobu), reproche aux dirigeants leur faible performance et leur incapacité à rentabiliser les investissements publics limités.
Lors de cette réunion, le Premier ministre a particulièrement ciblé la Regideso, en charge de la distribution d’eau et d’électricité, dénonçant le manque de résultats malgré les ressources massives mobilisées par l’État.
« L’eau et l’électricité sont le moteur du développement. Sans résultats positifs, le pays ne peut pas avancer », a-t-il martelé.
Le Directeur général de la Regideso, Jean Albert Manigomba, a défendu sa gestion :
« Je suis totalement contre cette affirmation. Les résultats actuels sont satisfaisants. »
Il a expliqué que, malgré la dévaluation du franc burundais, les tarifs n’ont pas été augmentés, et que l’entreprise dispose aujourd’hui de plus de trois milliards de francs burundais. Cependant, il a pointé la difficulté d’accès aux devises pour l’achat de matériel :
« Nous venons de passer trois ans à attendre les devises pour payer nos fournisseurs. Comment voulez-vous, dans ces conditions, que le citoyen bénéficie d’un service de qualité ? »

Jean Albert Manigomba, directeur général de la Regideso, dénonce le manque de devises comme principale cause de la faible performance de la société, le 23 septembre 2025 à Bujumbura. © SOS Médias Burundi
Le problème touche également le secteur bancaire. Trinitas Girukwishaka, Administratrice Directrice Générale de la Banque Commerciale du Burundi (Bancobu), a dénoncé les restrictions de la Banque Centrale empêchant la facturation en devises pour les étrangers :
« Comment rembourser nos dettes si on ne nous permet pas de recevoir des paiements en monnaies étrangères ? »
Le Premier ministre a rappelé que les dirigeants doivent trouver des solutions innovantes et des investissements à rentabilité rapide, tout en facilitant le travail des opérateurs économiques.
Pour renforcer la transparence, il a demandé aux ministres d’exiger que toutes les entreprises publiques transmettent :
leurs états financiers,
le bilan de l’exercice 2024,
la situation des résultats.
Toutes les entreprises ont jusqu’au 31 octobre 2025 pour se conformer.
Alors que l’État continue de mobiliser des moyens modestes, la balle est désormais dans le camp des entreprises publiques : montrer que la bonne gouvernance et la performance sont possibles, même dans la contrainte.
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Photo : Le Premier ministre burundais, Nestor Ntahontuye, lors de la réunion du 23 septembre 2025 à Bujumbura avec les responsables des sociétés étatiques et parapubliques. © SOS Médias Burundi
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