L’enseignement en péril au Burundi : le français, un obstacle majeur à la qualité de l’éducation
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 15 octobre 2025 – Le système éducatif burundais continue de faire face à de sérieux défis, parmi lesquels la maîtrise insuffisante du français, langue d’enseignement officielle, apparaît comme un frein majeur à l’apprentissage. Cette problématique a été soulignée par le ministre de l’Éducation nationale, François Havyarimana, lors de la présentation du rapport des réalisations de l’année scolaire écoulée.
Le ministre a indiqué que le Burundi a récemment participé à une vaste évaluation internationale de la qualité de l’enseignement, menée dans une vingtaine de pays francophones. Cette évaluation visait à identifier les principaux obstacles à une éducation de qualité. L’une des conclusions majeures du rapport : une large majorité d’élèves, et même certains enseignants, ne maîtrisent pas suffisamment le français, ce qui compromet la compréhension des contenus dans plusieurs disciplines.
« Il est urgent de reconnaître que l’insuffisance dans la maîtrise du français affecte profondément le rendement scolaire », a souligné François Havyarimana, insistant sur la gravité de cette lacune dans un système où le français reste la langue d’enseignement officielle.
Selon les responsables syndicaux de l’enseignement, cette situation n’est pas nouvelle. Ils attribuent en partie le recul de la langue française à la réduction significative du nombre d’heures consacrées à son enseignement. Pour eux, il est désormais crucial de réaménager les horaires scolaires afin de redonner au français sa place, particulièrement dans un pays où cette langue demeure un vecteur essentiel de communication académique et professionnelle.
Des mesures en préparation
Pour remédier à ces difficultés, le gouvernement a constitué une équipe technique chargée d’analyser en profondeur le système éducatif national. Le rapport produit par cette équipe a été enrichi lors d’un atelier réunissant enseignants, parents, syndicats et responsables administratifs, a précisé le ministre.
Le document, désormais transmis au Conseil des ministres, propose plusieurs ajustements, notamment la formation continue des enseignants et le renforcement des compétences linguistiques chez les futurs enseignants dès leur formation initiale.
Au-delà des difficultés linguistiques, le rapport relève également le non-respect du temps d’apprentissage requis. La durée effective des cours resterait inférieure aux normes pédagogiques internationales, ce qui nuit à l’assimilation des savoirs.
Le ministère envisage donc de rallonger le temps d’enseignement et de réviser les programmes scolaires afin d’actualiser les contenus, les adapter aux réalités actuelles et renforcer les compétences dans des domaines jugés stratégiques pour le développement socio-économique du pays.
Le ministre François Havyarimana a assuré que toutes ces propositions seront examinées sérieusement pour mettre en œuvre des solutions durables et efficaces.
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Photo : Une élève lève la main pour répondre à une question dans une classe au Burundi. Le ministre de l’Éducation nationale, François Havyarimana, a déclaré que la maîtrise insuffisante du français constitue un obstacle majeur à la qualité de l’enseignement dans le pays © SOS Médias Burundi
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