Burundi : le STEB réclame la reconnaissance des maladies professionnelles des enseignants
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 27 octobre 2025- À l’occasion de la Journée internationale de la réduction des risques de catastrophe, le STEB a mis en lumière la vulnérabilité des enseignants face aux maladies liées à leurs conditions de travail.
Le président du Syndicat des Travailleurs de l’Enseignement du Burundi (STEB), Rémy Nsengiyumva, a profité de la célébration de cette journée, le vendredi 24 octobre 2025, pour alerter sur les conséquences des maladies professionnelles qui menacent les enseignants burundais.
Dans une déclaration rendue publique à cette occasion, M. Nsengiyumva a rappelé que les enseignants devraient, en principe, exercer leurs fonctions dans de bonnes conditions de travail — et donc de vie. Or, déplore-t-il, beaucoup évoluent dans des environnements marqués par de multiples nuisances : excès de froid ou de chaleur, fatigue, brouille et autres interférences.
Selon lui, ces conditions favorisent l’apparition de maladies dites professionnelles, encore mal reconnues au Burundi. Il regrette l’absence d’une politique nationale de santé et de sécurité au travail, ainsi que d’une liste actualisée des maladies professionnelles. La seule existante, souligne-t-il, remonte à l’époque coloniale, en 1965.
Le président du STEB rappelle également que depuis 2010, de nombreux travailleurs, notamment des enseignants, ont été redéployés à travers le pays. Beaucoup ont été contraints de quitter leurs familles et se sont retrouvés isolés dans des localités éloignées. Cette situation, explique-t-il, engendre un isolement social, du surmenage, une fatigue accrue, ainsi que le paiement de doubles loyers — autant de facteurs qui, selon lui, contribuent à l’apparition de maladies professionnelles parfois incurables, voire mortelles.
Face à cette réalité, le président du STEB plaide pour une actualisation urgente du cadre légal afin de garantir la santé et la sécurité des travailleurs. Il souligne que « les temps, le climat et les conditions de travail ont considérablement changé » et qu’il est nécessaire d’adapter la législation à ces nouvelles réalités.
Enfin, M. Nsengiyumva rappelle que le Code du travail du Burundi, tout comme la Convention internationale du travail n°155, consacre le droit à la sécurité et à la santé des travailleurs sur leurs lieux de service.
Adoptée le 22 juin 1981 par l’Organisation internationale du travail (OIT), cette convention établit des normes pour la sécurité et la santé des travailleurs. Elle vise à prévenir les accidents et les maladies professionnelles en définissant les principes fondamentaux des politiques nationales, les responsabilités des employeurs, des travailleurs et des pouvoirs publics, ainsi que les mécanismes d’inspection et de sanctions.
Pour l’heure, les autorités du ministère en charge du Travail n’ont pas encore réagi à cet appel du STEB, mais plusieurs enseignants espèrent que leur situation sera enfin prise en compte dans les politiques publiques de santé au travail.
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Photo : une enseignante dans une salle de classe bondée dans la région de Cibitoke au nord-ouest du Burundi. ©SOS Médias Burundi
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